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6/29/2009 De Inutilibus Gavus (Védéhème 2/2) == SECONDE PARTIE== [Petit paragraphe introductif : qu'il me soit permis ici de détailler quelque peu l'anatomie de la ligne de RER B, qui entre en jeu le long de ce. Non, il ne manque pas de mot. Bagneux --> Bourg-la-Reine (dégueulasse), changement obligatoire : Bourg-la-Reine --> Orsay, Bures-sur-Yvette, La Hacquinière, Gif-sur-Yvette. Moyenne de temps pour rentrer : 1h15. Fréquence des RER : un toutes les douze minutes, soit 1,4 millihertz.] 10h00. Arrivée au labo. Quelle bande de branleurs, même pas ils font un lab-meeting du lundi matin, what ??? 10h05. Mes orteils en éventail se recroquevillent : l'étudiant que je salue usuellement d'un jovial "Ave, thésard" fait irruption, l'air à la bourre et hagard. "Je suis à la bourre et hagard, le labmeeting est à l'étage". Oh merde. 11h35 : finalement la gravité, cette "cruelle salope", n'a pas eu raison de mes vaillantes paupières. Ha. Puis, une dizaine de minutes de déambulation routinière me permettent de redécouvrir que ma boulangerie-étape-casse-croûte habituelle fait, comme toutes les boulangeries (et la foire aux bourre-pifs), relâche le lundi. Joie, une gargote juste en face me permet de me restaurer d'un plantureux sandwich spongieux, au jambon pas frais et au Beur plutôt mal intégré ; ma délectation, accompagnée d'un breuvage tiédasse se faisant passer pour du coca frais, n'est pas seulement celle de la gula (appétit matériel). En effet, je savoure également le déchiffrement d'un exemplaire du Parisien qui traînait, traitant de l'épanouissement actuel du Parti Socialiste. En guise de résumé : bien s'emplir la panse en lisant un bon journal -offert par la maison - à l'actualité optimiste, ça valait bien la modique somme de cinq euros trente. 15h30 : "Bon ben en fait faut que je parte", me fait la (charmante, ça c'est vrai) post-doc qui s'occupe de mon cas. Bon, trop nouveau, je peux pas encore faire de manips tout seul. Je végète deux heures en attendant que le (sympathique, ça c'est vrai aussi) thésard m'offre des explications qu'il m'a promises. Après 120 minutes à galérer sur une commande LaTeX, sans aucun résultat : "Bon ben faut que je parte, désolé", qu'il me sort avec un sens de la récupération qui laisserait baba Nicolas Hulot lui-même. 17h45. J'arrive devant la station RER de Gif-sur-Yvette, et au terme du plus gros sprint de ouphzor de ma life, je l'accroche in extremis. Ma mission : récupérer des papiers à Bures-sur-Yvette, reprendre le RER, rentrer sagement. Y'en a pour une heure et quart à tout péter. Je descends à Bures-sur-Yvette, fais un gigantesque tour de pâté de maisons avant de me rappeler qu'il fallait descendre à La Hacquinière. Dix minutes d'attente. La Hacquinière. Ah oui ! Foutrecul, je me souviens ! Et voilà la grande pente finale qu'il faut monter ! Trois kilomètres de dénivelé plus haut, je me rends compte que "ah non, je me suis gouré d'une rue". Ah oui mais pour passer dans la rue parallèle, faut faire encore le double de dénivelé. Après avoir allègrement musclé mes petites cuisses et abondamment imbibé ma chemise d'un cocktail détonant "Phéromones + sueur", drainant par là même un tel courant de femmes admiratives que c'est à peine si j'avançais, (ce qu'on appelle la "traînée" en physique, dûe à l'air, ou "les traînées" sur le trottoir), je RÉCUPÉRAI LE PUTAIN DE PAPIER. La Hacquinière. Cinq minutes d'attente. Ah non, je me suis gouré de côté, le boulet : neuf minutes. Correspondance à Bagneux : j'arrive sur la voie, seulement une minute d'attente. "Train annulé." Veuillez accepter notre totale absence d'explications et d'excuses. 20h05 : à Cachan. J'aurais pu y être à cinq heures... MAIS JE M'EN FOUS, J'AI LE PAPIER !!!! JE VAIS POUVOIR RÉCUPÉRER MES 330 EUROS DU CROUS !! MÉTAJOIE ! "Bilan de la manip, les enfants" : "ça n'fait rien... nous vivons un temps bien singulier". Enfin, je rouspète, mais à la base si j'avais pas fait le con avec mon train et que j'avais vérifié l'adresse (pourtant, la maison-cible est située à Bures...), j'aurais pas perdu ces temps monumentaux. J'aurais pu les mettre à profit pour FAIRE RÉPARER TOUS MES PUTAINS D'APPAREILS QUI TOMBENT EN RADE. Ah oui, mon portable est déjà à moitié en panne, mais ça c'est pas nouveau. Comme le veut l'immensité cinématographique des Nuls, comme le proposa ma petite frangine, je conclurai sur la réplique immortelle de George Abitbol passant de vie à trépas : "monde de merde". Et vous savez quoi ? Tout le long de ce périple qui me valut de moult pas, j'avais aux panards, tel le loser de base, les grolles encore rutilantes de nouveauté qui me sont trop petites d'une taille. Outch. MAIS Mais j'ai quand même passé un super deuxième anniv' de chopage avec ma chérie, qui a tenté de me secourir de manière tout à fait remarquable. Merci mille et une fois. Un grand merci aussi à Amandine, une sainte-kdeumi fauriélienne que j'hébergeasse, qui pour me remercier de l'accueillir m'avait préparé une petite entrée à base de rondelles de concombre, sur lesquels trônaient des tomates-cerises représentant un bonhomme content et un pas content - métaphore simple mais efficace de la journée. Remerciements à ma ptite frangine, qui a bien voulu relire toussâ contre zéro fraise tagada, me fournir le "Gravity... Heartless bitch." et l'idée d'Abitbol. Condoléances à certains personnages que j'ai quelque peu écorchés, c'est pour de rire, hein... Bon, on sent que je fatigue sur la fin, tu m'étonnes. S'il y avait parmi vous des braves entre les braves, sortes de guerriers barbares de l'obstination littéraire qui auraient tout lu, je vous salue bien bas, et vous en remercie humblement. J'espère que ce nouvel exploit vers les sommets de l'inutile et du racontage de vie vous aura au moins un peu creusé les rides du rire, et aplani celles du ronchonnement... Et surtout, ça confirme une chose : j'adore qu'il m'arrive des trucs pourris, comme ça je peux me plaindre... le tout est de savoir le faire passer :o) PS : réponse (cf billet précédent) : Parce qu'elle n'a pas de bras. De Inutilibus Gavus (Védéhème 1/2)Ce week-end, il m'est arrivé des tas de trucs. Et comme vous vous en foutez, j'ai décidé de raconter ça ici. Il va de soi que l'étalement de la prose vise principalement à susciter une jovialité chez le lecteur (l'hilarité, bienvenue, n'est pas nécessaire). Si vous n'avez que ça à foutre, déclamez, il y a certainement quelques passages marrants à l'oral. On peut situer le début de tout ça au milieu de la journée du samedi. Oui, c'est là que s'inscrivirent les présages, les prémices, les prolégomènes de l'enchaînement impitoyable qui allait s'ensuivre. Prends garde, ô lecteur : tu t'aventures dans les sinistres méandres d'une histoire qui, si elle est racontée avec un lyrisme débridé, n'en est pas moins entièrement vraie. Toutefois, cela n'implique aucunement que ce récit soit structuré, pensé à l'avance et encore moins source d'intérêt. C'est essentiellement un premier jet, et pas un jet privé. Tu es prévenu. ==PREMIÈRE PARTIE == Samedi aprème, doncques, ma mie et moi même mollissions en atermoiements matelatesques et somnolents, lorsqu'il fallut se mettre à déménager. Eh oui, deux semaines sans se voir, trois autres encor ensuite, et tout ce qu'on avait à foutre c'était de transbahuter des meubles de Marcy à Francheville. Vaisselle. Paquetages. Descente. Chargeage. Voiturage. Bonjour belle-maman, bonjour beau-papa, ça va ? "Oui, oui". Bon, moi ça va aussi mais ça doit être écrit sur ma tronche puisqu'ils ne se sont enquis en rien du déroulement de ma vie ; ce qui est une des raisons pour laquelle je me venge en en dévidant l'interminable fuseau sous vos yeux (j'ai failli écrire "veaux" yeux, ça aurait claqué non ?) de canard ébaubi. On débarque, on pose, on traîne, on s'attarde, la mère de Mathilde râle, le fils demande "Maman, pourquoi tu t'entends pas avec Gus ?" - obligé de rattraper le coup avec une blague de passage, j'enchaîne les vannes pour qu'on parte et qu'on tue la putain de vermine de chien galeux appartenant ma tendre aimée. Nous abandonnons du même coup trois heures de notre vie, et le susdit canidé. Je passerai sur les quelques heures qui s'ensuivirent, fort agréables au demeurant, n'eussent été les légions insectoïdes venus tapisser le plafond, et que nous mîmes plus d'une demi-heure à réduire à la portion congrue en utilisant des stratagèmes de Lyonnais. Admettre cela, c'est dire à quelle extrémité nous en étions réduits. Mais enfin, j'ai dit que je racontais pas les épisodes croustillants, donc pour l'extrémité, passons derechef. Enfin, se saoulant de sommeil dans les bras l'un de l'autre, nous goûtons à la saveur ineffable de l'endormissement. Et nous y goûtons d'autant plus de fois qu'une inépuisable escadrille de muscae domesticae vrombit sans relâche à nos oreilles (FRRRZZZZLZZZZLZLZLFFFRZFZLFZLZZFFRZLZZZZFLFLZFLBBLLLLLBRIANISINTHEKITCHENZZZZZZZZZZ), nous arrachant inlassablement aux tentacules de Morphée. Les présomptueux diptères n'eurent de cesse que de me faire haïr l'absence locale de boules quiès, dont j'ai ordinairement toujours une paire sur moi - en sus de celles dont me dota un développement embryonnaire plus que hasardeux. Finalement, douze heures quarante cinq, l'orthoptère engeance a raison de ma volonté, et j'émerge définitivement à cette heure matinale. Piochant dans ma trousse de toilettes, j'y trouve une boîte de boules quiès neuves que j'avais soigneusement jointes à mon paquetage le vendredi même, en prévision d'un cas de figure similaire. La malepeste soit de ma non-cervelle. Dès potron-minet (i.e. vers 15h30), nous nous mettons à l'ouvrage. Dévissage, démontage, déboîtage, empoignage, levage, descendage, calage dans le paquebot sur roues emprunté au géniteur de ma doülce. Rebelote, arrivés à Francheville c'est la vasouille. On met quoi où ? Bla, bla. Tiens, Mathilde ma fille, t'es vraiment une empotée, t'as encore pourri ta voiture. Oh, t'as révisé que trois cents pages sur mille en trois jours ? C'est pas sérieux, Mathilde (j'invente presque rien !). On perd encore trois quarts d'heure à filer récupérer à Tassin une cuisinière, qui contrairement à ce que je me figurais, n'avait pas soixante-dix ans et des poignées d'amour, mais pesait autant de kilos pour une seule poignée ne permettant même pas le levage. Nous récupérons au passage la calamité à bave, qui daigne nous faire le présent d'une crotte juste avant de monter en voiture, Simone. Etant dans l'agglomération lyonnaise et par conséquent à des lieues de toute civilisation, nous n'eûmes d'autre choix que de soutenir les subtils effluves que le sac à excréments - mal refermé - diffusait massivement, dans tout l'habitacle de notre véhicule. De retour à Marcy, voilà que nous rebouchons les trous (épisode non scabreux car il s'agissait de ceux des murs) tout en forant ailleurs, afin de replaquer une tablette. Enéfé, ladite planche avait été solidement ancrée dans la muraille de placo 5mm à l'aide de puissants cure-dents, renforcés par du papier mâché malien à toute épreuve ; malgré ce, un léger coup de coude l'avait totalement arrachée. Vingt et une heures, le beau-père (fort sympathique au demeurant, et même aux demeurées, n'est-ce pas M*******) s'arrache, et nous laisse pour une folle dizaine de secondes d'intimité, nous enlaçant sauvagement à l'avant d'une voiture, audacieusement sanglés par nos ceintures, avec l'autre pourriture canine qui vient lui aussi mettre sa salive en commun. Etourdis par tant de stupre platonique et de dépravation automobile, nous voilà voguant (terme usité dans le cas des routes péri-lyonnaises) vers la célèbre place de Gorge de Loup, connue notamment pour sa station de métro Gorge de Loup. Là, j'y prends le métropolitain (si on peut parler de métropole dans ce pays de sauvages), et j'ai le choix entre prendre le train à 22h à Part Dieu, ou 21h46 à Perrache. Ni une, ni deux, me voilà à Perrache, d'où je peux déjà apercevoir le scintillement des phares de mon TGV de 21h...42 s'éloigner. Echec. No way, je dois attendre le prochain, qui arrive à 1h à Paris. Me voici coincé dans un wagon exigu, à côté d'une asiatique qui babille dans son émetteur d'ondes radio à kikoolol incorporé, et en face de deux jeunes blacks anglaises, à me creuser les méninges afin d'obtenir un plan de retour nocturne à Kchan, passée l'heure de fermeture des réseaux express régionaux. Il va de soi que pour ce faire, je dispose : - de mon téléphone portable à la batterie quasiment épuisée (il me souvient alors cet instant fugace, où, prenant la tangente vendredi soir, je décidai in petto qu'exceptionnellement je n'emmènerais pas mon chargeur, car il ne m'arriverait aucune galère. TROISIÈME FOIS SEULEMENT EN CINQ ANS que je le prends pas. Argh.) - un exemplaire de "Ma bite et mon couteau" daté de 1963, aux Éditions Quechua - ma bite - mon cout... euh, mes surins (là encore, je fonctionne par paires) - de mon iPod qui FINIT DE MOURIR PENDANT LE VOYAGE. Aaaaaaargh. - de mon nouveau MacBook, acheté après noyade de l'ancien, DONT LA BATTERIE A UN FOUTU DÉFAUT DE FABRICATION ARGH - d'un excellent bouquin que j'ai fini JUSTE avant de monter dans le train. YAAAAAAARGL Shit. Et là, le moulshot : voici que les deux britanniques étalent devant moi un grand plan des transports parisiens. w00t, me voilà sauvé, je vais pas perdre trois plombes sur place à m'orienter sur un vague plan indéchiffrable de la RATP, à la jaunâtre lueur des lampadaires faiblards qui ne daignent même pas nous offrir assez de photons pour entraver quoi que ce soit à la carte. Super, le 57 trace de gare de lyon à arcueil, plus cinq cents mètres à pied. Youpi, joie, bonheur, chaleur, chicco dou brazil, chihuahua vietnamien, etc. Sauf que le 57 ne circule que le jour, et que les donzelles n'ont pas le plan des noctiliens. Bon. Faux moulshot. Faut quand même savoir que les lampadaires, c'est étudié pour avoir un spectre pas si mal que ça, hein. Finalement, c'est même super, les putains de lampadaires, à tel point que les chiens les adorent. Tiens, les chiens, ces créatures estimables. Arrivé à Paris, me voici ratant avec brio le dernier métro 14 vers châtelet qui m'aurait permis de récupérer un bon noctilien facilement. Tiens, n'eût été le train qui est arrivé 10 minutes en retard, je l'aurais eu. Quinze minutes pour trouver l'arrêt de bus (c'est vaste, Paris Gare de Lyon), je laisse passer le N01 trop plein. Et un putain de quart d'heure sans iPod ni lecture, c'est long. Pas encore aussi long que la suite... Puis cinq minutes d'attente pour le N14, après hop je suis chez moi en 45 minutes. Ah, tiens, finalement le 2h10 ne passe pas. C'est pas plus mal, son horaire porte malheur en Ouzbékistan. Le 2h30 non plus, contrairement à ce que nous annoncent les chauffeurs successifs des autres lignes qui nous narguent de leurs superbes bolides, estampillés du prestigieux sigle RATP. Bah, les demi-heures piles, c'est extrêmement galvaudé. Laissons tomber. 2h45. Putain. 1h45 que j'suis à Paris, ma progression a atteint le chiffre fabuleusement minable de deux millions de millimètres. Mon duodénum le dispute à mon iléon pour me signifier que bordel, douze heures de jeûne c'est pas des conditions de travail, merde. Je fustige ces deux malappris avec superbe, en exhibant des photos d'américains obèses et de somaliens tout maigres - l'arsenal du parfait bien-pensant - en les morigénant sur les méfaits d'une vie de Mc Do dissolue. "Le somalien a de la chance", précisé-je, "parce que ses maladies chroniques lui font garder la ligne. Mais faites attention, vous n'aurez pas toujours la chance d'avoir une diarrhée ou un ver intestinal pour effacer vos excès, petits gourmands que vous êtes". 3h30. À Cachan. Finalement, un taxi m'a taxé cent balles. (la suite... dans le billet suivant.) PS : Blague "humour noir", offerte par Maryline, qui m'a particulièrement mis en joie : Pourquoi la petite fille est tombée de la balançoire ? (la suite... dans le PS du billet suivant.) |
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