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9/6/2008 Pétage de plombs III : bonus physico-inutilio-merdoyant Dans le genre inutile, voici le fleuron absolu. Là par contre, il faut admettre que c'est un peu de l'auto-sexualisme putatif... (ou branlette intellectuelle). C'est potentiellement amusant, pour les drogués psychopathes neurasthéniques en fin de droits et les physiciens. Vous êtes prévenus. À ma décharge, je dirai que mon élan créateur a été interrompu par une créature femelle (fort noble et haute en mon estime, par ailleurs), et ce, durant une bonne heure et demie. Par conséquent c'est encore un peu plus pourri que la dernière fois. ----- Vous vous souvenez de ce que je vous ai dit hier ? Pas tout, je m'en doute. Non, je parlais simplement d'une idée qu'aujourd'hui tout le monde connaît, puisqu'on en fait des films et des séries américaines : le concept d'univers parallèles. Rappel de la situation ... certains physiciens actuels, et parmi les plus cotés, ont émis la possibilité suivante : à chaque fois qu'une particule élémentaire passe d'un état indéterminé à un état déterminé, selon une loi en apparence probabiliste, il se crée autant d'univers parallèles que d'états finaux possibles, chaque univers étant le lieu de réalisation d'un état final différent. À savoir, si on lance Etienne Daho en l'air de manière totalement aléatoire (très difficile), il y a un univers où il retombe sur la tronche, un univers où il retombe sur le cul, qui sont tous deux créés par le lancer et la NÉCESSITÉ que ce lancer a de se résoudre en l'un des états possibles, et un seul. Ici, nous admettrons que ces univers existent réellement, parce que le postulat est intéressant si on le pousse jusqu'au bout. Il en résulte quelque chose de très amusant. Si l'on s'amuse à considérer notre seul Univers, depuis le Big Bang (ou un peu après, parce que ça nous arrange grave), il apparaît très rapidement des univers où certaines races émergent et en arrivent à se dire "bordel mais sommes nous le seul univers ?". Et comme TOUS les possibles sont réalisés dans chaque univers, dans certains d'entre eux (un nombre immense et pourtant risible devant le nombre total d'univers ainsi créés) il y a des races vraiment, vraiment très fortes, à savoir qu'elles finissent par comprendre la physique à un niveau incroyable, et percent les mystères de la physique quantique... et donc des mondes parallèles, si leur existence est bien réelle. Deux hypothèses s'ouvrent alors : soit les univers parallèles sont fondamentalement inaccessibles l'un à l'autre, auquel cas les envisager se résume à une facilité conceptuelle : cette éventualité, on s'en bat allègrement les oeufs en neige ici. Soit on peut passer d'un univers parallèle à l'autre. Auquel cas, il existe FORCÉMENT une civilisation qui sait déjà le faire, dans un univers extrêmement avancé. (argument complété plus loin, voir *) Soit cette civilisation, la première à émerger, prend le parti de dominer tous les univers, soit elle reste chez elle. Donc (en vertu du principe d'exploration de tous les possibles), il y en a une qui se lance dans la "conquête" de tout, et qui surpasse toutes les autres. J'entends ici par "conquête", l'exploration de chaque univers permettant d'entrer en contact avec d'autres civilisations aussi avancées. Soit c'est une conquête préventive (admettons que de telles intelligences sachent appliquer cela de manière objective et non-américaine) destinée à éviter une guerre inter-universelle, soit c'est une conquête dominatrice. Eh oui, on doit pouvoir être con cosmique aussi. En tout cas, il existe une intelligence supérieure dominant tous les univers, (empêchant l'émergence de concurrent belliqueux), omnipotente et indescriptible en termes humains. ... c'est pas ce qu'on appelle, révérence parler, un dieu ? Bon, j'admets, ça sert vraiment à rien ce genre d'hypothèse. Juste à montrer UNE CHOSE : les concepts, les vues de l'esprit, la logique et le formalisme humains confinent à l'absurde lorsqu'on les pousse à l'extrême, devant leurs propres incohérences. En relisant ce bidule, on s'aperçoit qu'il apparaît moult autres pistes conduisant à des conclusions complètement perchées, alors qu'on les construit à partir du seul postulat d'univers parallèle, et qu'on pourrait les démontrer de manière plus rigoureuse que l'informe tas de bouse ci-dessus. Bonsoir. (*) Ceci est un petit peu d'ergotage pointilleux qui aurait alourdi le texte déjà obèse s'il y avait été inséré. "Soit on peut passer d'un univers parallèle à l'autre. Auquel cas, il existe FORCÉMENT une civilisation qui sait déjà le faire, dans un univers extrêmement avancé." Ou pas, il est possible que ça prenne minimum vingt milliards d'années de faire émerger un tel bouzin, à coups de pile ou face quantiques. De toutes façons, on peut imaginer que si 13 milliards d'années et une infinité d'essais ne suffisent pas à faire apparaître cette technique de déplacement entre univers, le voyage temporel finira par être maîtrisé quelque part dans le futur. Toute entité un minimum pas conne comprendra, sitôt le voyage temporel découvert, qu'il est dans son intérêt immédiat de : - remonter le temps dès que possible, aussi loin que possible - découvrir "en prem's" la technologie pour se balader entre les univers - s'imposer partout pour éviter l'avènement inéluctable d'un connard plus avancé et moins pacifique. "si tu veux la paix, prépare la guerre. Et si tu veux la guerre, c'est pareil." 9/5/2008 Pétage de plombs complet III Adieu, point de non-retour... Même méthode que les fois précédentes : face au clavier, avec un peu de moisissure fermentée de mon cerveau (à savoir, des concepts de base) et aucune idée de ce qui va être raconté. Pour ceux que ces posts ennuient profondément, vous pouvez ne pas lire. D'ailleurs vous êtes chaque jour plus nombreux à faire ça, et je vous en remercie. Ça ne cherche pas spécialement à tenir debout, ni n'a la prétention d'être profond... Bon c'est pas du Werber non plus (enfin vaudrait mieux), c'est surtout pour s'amuser et se dire qu'on vole pas haut, quand même. (explication de la phrase précédente : la problématique dégagée du texte suivant est facilement démontable. Vous pouvez même la plier, et vous la faire livrer à domicile si vous l'achetez chez Darty.) À l'intention de ceux qui n'y trouveraient qu'onanisme neurologique : la branlette intellectuelle, c'est déjà quelque chose d'intellectuel. ---------- "Dieu existe, je le sais c'est moi. Et c'est pas facile tous les millions d'années, bordel de pipe à fromage. J'existe de toute éternité dans le passé et l'avenir, je suis omniscient, etc... On s'emmerde au bout de quelques milliards de milliards d'années tout seul. Remarquez, je connais plein de blagues carambar, mais pour se faire rire tout seul ça va un moment. Je suis infini et ne peux, par essence, me suicider (même pas pour rigoler ou pour jouer à cache-cache). Notons au passage que c'est pour vous un paradoxe limitant mes pouvoirs. ( Pour un exemple plus concret : demandez-moi de créer un rocher si lourd que je ne puisse moi-même le soulever. Soit je ne peux le créer, soit je ne peux le soulever. En termes de logique humaine, c'est insoluble. Ah ah un jour il faudra que je vous apprenne la logique formelle récursive transcendante, c'est un peu costaud pour vous, mais ça vous permettrait de jeter un coup d'oeil au-delà des rebords du bac à sable pour gros nazes attardés dans lequel vous êtes.) Bon. Qu'est-ce qu'on peut bien pouvoir faire de rigolo quand on est au club tout seul et qu'on a des pouvoirs infinis ? On crée un pote. Une marionnette d'abord, puis il faut lui donner la liberté : tous vos moi-o-logiens pas trop cramés diront que "l'homme est libre", et que d'ailleurs c'est pour ça que vous faites de la merde. Logique : je n'allais pas créer des petits lèche-culs à la chaîne comme on peut en voir à l'UMP, ah tiens au PS aussi, ah tiens dans tous les partis en fait, comment ça c'est facile comme vanne ? En même temps vous savez, personne ne plaisante jamais avec moi... même pas Chuck... Bref, aucun intérêt de créer des pantins. Créons donc l'homme libre, me suis-je dit un matin de gueule de bois (je venais de créer quelques univers bien chargés, ça picote). Curieux d'ailleurs comme autre truc amusant : j'ai créé l'homme... enfin je me suis démerdé pour qu'il émerge sur un planétoïde tout moche sans que ça se voie... Mais qu'est-ce que j'ai bien pu faire pendant l'infinité de temps que j'ai passée avant de créer l'univers ? Mystère... vous comprendriez pas. Disons que votre univers représente une minuscule fraction de ma chimie amusante, pour essayer de me trouver un vrai Alter Ego. Au fait, même vos physiciens ont compris qu'il n'y avait pas de temps "avant" votre Univers. En termes humains, les temps ont certes commencé il y a treize milliards d'années et des brouettes. Mais pour un être hors du temps, ce qui s'est passé "avant votre Big Bang", que vous ne pouvez conceptualiser parce que cette expression ne veut rien dire... eh bien... c'est comme trois mois de vacances dans le Berry. On s'occupe ou on devient fou. Vous vous doutez que dans le non-temps, j'ai eu largement l'occasion de créer un nombre infini d'Univers. Tenez, il y a même un des univers dont la seule loi physique se résume à cette phrase : "Le battement d'une aile de caribou à Montréal peut occasionner des gaz intestinaux chez Nicolas Sarkozy." Houlà, je m'égare, j'oublie que vous avez pas tout votre temps... NON REVENEZ JE PLAISANTE ! Rhâ ces mortels, trop susceptibles, y'a bien que ce vieux Job qui apprécie l'humour noir. D'ailleurs il faudra que je lui fasse un cadeau d'anniv, mon vieux Job a besoin d'un vase hindou. Bah oui, je fais aussi des contrepets, je connais tous ceux possibles et imaginables dans toutes les langues... et même les autres. Je disais, j'ai fini par créer l'homme libre, en soufflant une bulle de savon au milieu du néant. Il est apparu un truc bizarre, qui s'est mis à faire n'importe quoi, de manière totalement imprévisible a priori. Cet essai était voué à me donner quelque chose qui me réponde, qui soit indépendant de moi. En fait, je voulais qu'on me tienne un peu tête, qu'il se passe des choses dont je n'étais pas maître... en fait il me fallait un adversaire au jeu d'échecs. Comme je voulais qu'il soit bon, je vous ai faits capables d'évoluer, de grandir, d'accumuler des connaissances, et je ferai en sorte que votre civilisation, malgré vos foirades, ne s'auto-flinguât point de manière irréversible. Enfin... vous pouvez le faire, mais j'ai un mécanisme de sauvegarde. Vous savez ce que c'est qu'une durée de Planck ? C'est la plus petite durée que vous puissiez concevoir, dans la trame limitée de votre univers, que vous appelez une "métrique d'espace-temps"... d'ailleurs j'aurais dû écrire les lois de la physique plus clairement chez vous, ça vous aurait évité de chercher pendant des siècles à comprendre les brisures de symétrie et la théorie quantique de la gravitation, au lieu de chercher un sens à votre vie. Au fait, à l'intention des petits rigolos qui se croient là en tant que "témoins de la création", allez jouer dans le mixeur, je n'ai besoin de personne pour m'auto-satisfaire d'une bouse que j'ai torchée en un battement de cil. Alors, ce mécanisme ? J'y viens... je crée à chaque durée de Planck un tas d'univers contenant tous les possibles enfantés par chaque mouvement potentiel de toutes les particules de l'Univers soumises à une incertitude quantique ; plus exactement, ces créations multiples sont la conséquence directe du principe d'exploration maximale qui régit l'ensemble. Gné ? C'est tout simple, vous avez un paquet de frères dans des mondes parallèles, et il en restera toujours quelques-uns qui ne se flingueront pas. Cela préserve mes joujoux sans leur ôter la liberté de se faire sauter le caisson. Amusant non ? Assez ri. Je m'emmerde encore plus qu'avant. Non seulement vous êtes cons et moches (passe encore, mon pote Lulu le Malin aussi, mais au moins il a compris pourquoi il est là... ), mais en sus, je SAIS ce que vous allez faire. Je savais que cette tentative était foirée d'avance. Je sais que dans quelques millions d'années, ou demain si je me cuite trop fort, vous vous rendrez compte qu'en fait, Dieu c'est bien, et vous rejoindrez tous mon Grand Corps Cosmique dans l'Adoration Eternelle de l'Amour de Ta Mère la Vierge. J'éclaterai la tronche de Lulu le Cornu, il pourra faire autant de muscu qu'il voudra, ça ne vaudra pas... hé oui, j'ai une éternité d'avance dans les techniques de gonflette. D'ailleurs c'est une des rares choses pour lesquelles je vous file des tuyaux, sauf à ce sale péteux d'Usain Bolt qui m'a dit "non merci". Je rêve... Quand sonnera la fin des Temps (je pense envoyer un gong de quelques gigapétamégatérawatts, genre le truc qui beuglera COIN suuuuper-fort, ça sera trop hype), je SAIS que je vais gagner. De toutes façons votre univers est voué à l'extinction : les étoiles s'éteindront, les derniers trous noirs boufferont les naines brunes, puis se feront un gueuleton cannibale, et les derniers finiront par s'évaporer comme les neurones de Paris Hilton. Vous le savez déjà ! Et quand bien même il y aurait un "big crunch", que tout recommençait, et que (les lois de la physique conventionnelle n'étant plus valables dans ce genre de situation comique) l'entropie diminuait spontanément à cette occasion (seule solution)... vous ne seriez pas sauvés. Vu que les particules ont une durée de vie de, genre, 10 puissance 77 ans, ahaha les flipettes. À peine le temps pour moi d'aller me faire un cake aux olives. À l'échelle cosmique, physique, théologique, tout est joué d'avance. Oh bien sûr, à l'échelle humaine, la vie vaut encore le coup. Vous savez pas le cadeau que je vous ai fait en vous faisant crever, comme des bouses certes, mais seulement au bout d'un siècle à tout péter. C'était trop drôle de voir la tronche des scientifiques de 2249 qui se sont rendus compte que tous leurs efforts pour améliorer la longévité se soldaient invariablement par des suicides chez les patients trop vieux... enfin... ce sera trop drôle quoi. Vous pouvez pas comprendre. Tout est joué d'avance, je vous dis. Quand vous dites "hé Dieu, sale tafiole, descends si t'es un homme !" 1) je rigole même plus 2) et même je pleure, ce qui provoque une éruption de boutons sur le nez de Geneviève de Fontenay (parce que mon OS de gestion des humains a été conçu par Micro$oft et que je le débugue pas, pour rire) 2.bis Geneviève de Fontenay ramène ses plissures en cathédrale et vient me briser les divines burnes pour que je lui fasse passer cette crise 2.ter je re-pleure de désespoir 3) je vous dis "si j'descends c'ma mère qui va m'descendre" Ah non je dois confondre je disais donc, je vous réponds : 3 )"je suis déjà descendu" mais il y a que les mamies dans les messes qui pourraient m'entendre, mais en fait même pas parce qu'elles sont sourdes. Les juifs et les musulmans me rient au nez : ils n'ont pas pris au sérieux mon propre fils... la honte... Les autres, j'en parle pas. 4) je SAVAIS que vous alliez le dire, comme ce que vous allez faire demain, que vous mangez les crottes de nez que votre prédécesseur a collé sous votre bureau, je connais la fin du huitième tome de Harry Potter, j'ai vu Star Wars 7, 8 et 9 que vous ne verrez jamais, j'ai déjà joué à la pétanque avec des étoiles géantes. Le pire, c'est que j'ai perdu, alors que j'étais le seul participant. Je n'ai pas eu droit au saucisson-maison du père Emile, la lose ultime. Vous êtes ma création, et vous me désespérez. Vous m'avez foutu de mauvaise humeur, tiens. Vous pouvez toujours vous gratter pour le module de logique formelle récursive transcendante. JE M'EMMERDE ! ET JE VOUS EMMERDE ! J'vais me faire un billard avec Lulu. Lui au moins il essaie de prendre ma place, la seule chose qui vaille ici, et il se déballonne pas. Accessoirement, il est amusant comme faire-valoir. Franchement, vous pensez que je vous ai créés pour QUOI au juste ?" Commentaire de texte : L'écrit précédent pose le problème suivant. Dieu étant tout-puissant et omniscient, que signifie à ses yeux la création de l'homme, broutille infime dont il connaît l'évolution par avance, et a programmé la rédemption de manière à ce qu'elle tombe pas en même temps que son rendez-vous chez le dentiste ? Ou par exemple se serait-il retiré de sa création comme le suggère élégamment la tradition juive ? Si Dieu s'est retiré de la Création et lui laisse entière liberté, l'Humain en tant qu'espèce est-il son égal ? Vous traiterez de manière synthétique les prémices du sujet "l'Humain, artefact de l'infini ou Dieu en puissance ?" Vous avez une vie. ----- S'il y en a qui ont lu en entier, par pitié, envoyez-moi une photo. Je veux dire, un scan de votre état psychologique à la fin exacte de la lecture de ce truc. Merci de votre compréhension. 9/1/2008 Pétage de plombs socio-littéraire II C'est reparti pour un tour. Accrochez vous à vos sacs à vomi, la hargne pugnace s'invite ici. "Il n'est pas de doute qui ne se fonde sur une envie de faire mieux. Le doute provoque la faiblesse là où la force serait nécessaire, mais il permet la redirection de la tension qui habite l'être doutant vers l'objectif souhaité. Il permet de faire une pause dans l'accomplissement d'une tâche, ouvrant la réflexion sur sa pertinence. Tout ceci n'est qu'évidence rabâchée pour la clarté du tout. Dans l'urgence, le doute ne peut être satisfait, tout ne peut être soupesé. L'urgence est un des ennemis à abattre de la condition humaine. Tout peut être optimisé en apparence, on peut gagner des marges formidables sur l'efficacité au travail, dans les relations humaines, même aux chiottes. Mais ce n'est qu'une forme de cannibalisme, l'accélération effrénée du rythme de vie ne mène qu'à l'oubli de l'objectif, et le temps ainsi gagné est en réalité perdu pour la réflexion, la prise de recul, et surtout pour la vie pour elle-même. Aucun de ces points de vue n'est défendable : passer sa vie à la penser, ou la dépenser sans compter dans une course qui est par essence une escalade sans fin. " "La sortie de l'animalité pousse l'Homme dans des terrains inconnus. Nul Autre n'est là pour le rassurer, le soutenir et lui montrer les ornières à éviter. À peine debout, doté d'un langage, élevé d'un centimètre au-dessus de ses seuls instincts, le voilà perdu. Il cherche un but, et ne voit dans l'horizon que le dissimulateur sadique d'un but hypothétique qui lui donnerait raison d'être. Un but à atteindre ! Inconcevable. Une fois le but atteint, ou approché asymptotiquement, il ne resterait plus qu'à glisser la clé sous la porte, ou rester béat devant l'illumination perpétuelle. Alors quoi ? Dieu ? L'Autre qui rassure et élève ? L'Homme solitaire n'a de choix, pour apaiser la terreur fondamentale qu'il s'inspire lui-même, que de se reposer sur l'Autre. Il ne peut assumer ce qui est pour l'instant son unique certitude : il est Dieu. Il n'y a pas d'autre. Un Dieu effrayé et broyé dans le processus gigantesque de l'évolution ? Un Dieu faible, tremblant sur ses jambes mal assurées, qui n'a rien que sa conscience d'être et ses interrogations ? Oui. Mais un Dieu qui peut retourner la situation. L'évolution qui l'a amené là justifie d'elle-même la réponse. Il n'est là que pour vivre. On ne vit pas pour un quelconque objectif, idéal, égoïste ou altruiste, stupide ou grandiose. On vit parce qu'on est né, et que l'on n'a d'autre choix." "Alors quoi ? Encore la même question. La réflexion n'a plus de place face à l'action, face à l'urgence imposée par "les autres", ceux à qui on ne peut imposer de ne pas être nos concurrents acharnés. La réflexion n'est pas suivie d'action, faute d'unité possible dans l'application. Le malaise est là, il couve indéniablement. Il est donc évident qu'un changement radical de nos modes de vie est indispensable - qu'il soit brutal, pouvant entraîner une explosion générale, ou sous la forme d'une transition en douceur risquant de se diluer dans un processus timoré. Deux points principaux : extension du temps libre, et utilisation à bon escient de ce dernier. Ici, "temps libre" ne signifie pas "improductif", mais "temps mis à profit" pour détacher un tant soit peu notre regard de notre montre, de notre compte en banque, envisager que la vie soit belle et prendre les moyens pour qu'une société ne soit plus une juxtaposition d'individus autistes, interagissant par nécessité et vide intellectuel/affectif. L'utilisation à bon escient du temps libre nécessite un tel chambardement des modes de pensée qu'il apparaît comme quasiment impossible. Tous ceux qui l'envisagent sont traités d'utopistes - à raison, car qui saurait être l'étincelle initiant ce formidable mouvement ? Tous ceux qui ne l'envisagent pas sont dans une impasse philosophique. Ce concept d'impossibilité est-il réellement valable alors que nous ne nous connaissons que depuis si peu de temps ?" "Il est de bon ton de rire au nez des utopistes, et de se gausser des terre-à-terre. Il est plus rare que l'on se préoccupe de proposer des solutions alternatives. L'impasse de société est alors quasi parfaite. Echec et mat." "On ne peut cependant pas s'abreuver de ces seules paroles. Elles ne se suffisent pas : il faut aller plus loin, là où fort peu s'aventurent. Sans encore parler d'actes traduisant réellement ces pensées, inconcevables au stade où nous en sommes, il est nécessaire de refonder notre manière d'appréhender la vie en tant que phénomène nous englobant tous. Et ce, en vivant par l'acte, par l'être, par l'instant qui construit et prévoit l'avenir. Serait-ce tout ? N'y a-t-il pas de fondement plus profond que celui que l'on vient d'envisager, est-il bien complet ? Foin de fausse naïveté, ce n'est qu'un début, un fragment de l'écaille superficielle d'un tout colossal encore obscur à notre conscience. Ce tout qui sera partie intégrante de ce qui succèdera à l'homme. L'après-homme ne se décrète pas, ne sera le fruit d'aucun régime - aussi bien intentionné qu'il puisse être. Les tentatives de construire un surhomme par la politique ont toutes terriblement échoué. Mais il faut croire que l'homme n'a pas été écorché assez violemment pour que l'on devine la voie à suivre... L'après-homme sera, après un temps dont l'échelle nous paraît délirante, l'aboutissement d'un processus de réflexions et de mises en œuvre successives, et tirera son origine de notre volonté immédiate. De notre soif criée à la face du monde naîtra l'être ultérieur." C'est ça, fais semblant de réfléchir... montre à tes amis que t'en as dans la caboche... Parle, fais de beaux écrits en ne levant pas le petit doigt pour les appliquer. Mais comment faire autrement ? Déclencher l'avalanche en déplaçant les grains de glace un à un ? Gus |
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