Gus's profileKavernaguSPhotosBlogListsMore ![]() | Help |
|
01/09/2008 Pétage de plombs socio-littéraire II C'est reparti pour un tour. Accrochez vous à vos sacs à vomi, la hargne pugnace s'invite ici. "Il n'est pas de doute qui ne se fonde sur une envie de faire mieux. Le doute provoque la faiblesse là où la force serait nécessaire, mais il permet la redirection de la tension qui habite l'être doutant vers l'objectif souhaité. Il permet de faire une pause dans l'accomplissement d'une tâche, ouvrant la réflexion sur sa pertinence. Tout ceci n'est qu'évidence rabâchée pour la clarté du tout. Dans l'urgence, le doute ne peut être satisfait, tout ne peut être soupesé. L'urgence est un des ennemis à abattre de la condition humaine. Tout peut être optimisé en apparence, on peut gagner des marges formidables sur l'efficacité au travail, dans les relations humaines, même aux chiottes. Mais ce n'est qu'une forme de cannibalisme, l'accélération effrénée du rythme de vie ne mène qu'à l'oubli de l'objectif, et le temps ainsi gagné est en réalité perdu pour la réflexion, la prise de recul, et surtout pour la vie pour elle-même. Aucun de ces points de vue n'est défendable : passer sa vie à la penser, ou la dépenser sans compter dans une course qui est par essence une escalade sans fin. " "La sortie de l'animalité pousse l'Homme dans des terrains inconnus. Nul Autre n'est là pour le rassurer, le soutenir et lui montrer les ornières à éviter. À peine debout, doté d'un langage, élevé d'un centimètre au-dessus de ses seuls instincts, le voilà perdu. Il cherche un but, et ne voit dans l'horizon que le dissimulateur sadique d'un but hypothétique qui lui donnerait raison d'être. Un but à atteindre ! Inconcevable. Une fois le but atteint, ou approché asymptotiquement, il ne resterait plus qu'à glisser la clé sous la porte, ou rester béat devant l'illumination perpétuelle. Alors quoi ? Dieu ? L'Autre qui rassure et élève ? L'Homme solitaire n'a de choix, pour apaiser la terreur fondamentale qu'il s'inspire lui-même, que de se reposer sur l'Autre. Il ne peut assumer ce qui est pour l'instant son unique certitude : il est Dieu. Il n'y a pas d'autre. Un Dieu effrayé et broyé dans le processus gigantesque de l'évolution ? Un Dieu faible, tremblant sur ses jambes mal assurées, qui n'a rien que sa conscience d'être et ses interrogations ? Oui. Mais un Dieu qui peut retourner la situation. L'évolution qui l'a amené là justifie d'elle-même la réponse. Il n'est là que pour vivre. On ne vit pas pour un quelconque objectif, idéal, égoïste ou altruiste, stupide ou grandiose. On vit parce qu'on est né, et que l'on n'a d'autre choix." "Alors quoi ? Encore la même question. La réflexion n'a plus de place face à l'action, face à l'urgence imposée par "les autres", ceux à qui on ne peut imposer de ne pas être nos concurrents acharnés. La réflexion n'est pas suivie d'action, faute d'unité possible dans l'application. Le malaise est là, il couve indéniablement. Il est donc évident qu'un changement radical de nos modes de vie est indispensable - qu'il soit brutal, pouvant entraîner une explosion générale, ou sous la forme d'une transition en douceur risquant de se diluer dans un processus timoré. Deux points principaux : extension du temps libre, et utilisation à bon escient de ce dernier. Ici, "temps libre" ne signifie pas "improductif", mais "temps mis à profit" pour détacher un tant soit peu notre regard de notre montre, de notre compte en banque, envisager que la vie soit belle et prendre les moyens pour qu'une société ne soit plus une juxtaposition d'individus autistes, interagissant par nécessité et vide intellectuel/affectif. L'utilisation à bon escient du temps libre nécessite un tel chambardement des modes de pensée qu'il apparaît comme quasiment impossible. Tous ceux qui l'envisagent sont traités d'utopistes - à raison, car qui saurait être l'étincelle initiant ce formidable mouvement ? Tous ceux qui ne l'envisagent pas sont dans une impasse philosophique. Ce concept d'impossibilité est-il réellement valable alors que nous ne nous connaissons que depuis si peu de temps ?" "Il est de bon ton de rire au nez des utopistes, et de se gausser des terre-à-terre. Il est plus rare que l'on se préoccupe de proposer des solutions alternatives. L'impasse de société est alors quasi parfaite. Echec et mat." "On ne peut cependant pas s'abreuver de ces seules paroles. Elles ne se suffisent pas : il faut aller plus loin, là où fort peu s'aventurent. Sans encore parler d'actes traduisant réellement ces pensées, inconcevables au stade où nous en sommes, il est nécessaire de refonder notre manière d'appréhender la vie en tant que phénomène nous englobant tous. Et ce, en vivant par l'acte, par l'être, par l'instant qui construit et prévoit l'avenir. Serait-ce tout ? N'y a-t-il pas de fondement plus profond que celui que l'on vient d'envisager, est-il bien complet ? Foin de fausse naïveté, ce n'est qu'un début, un fragment de l'écaille superficielle d'un tout colossal encore obscur à notre conscience. Ce tout qui sera partie intégrante de ce qui succèdera à l'homme. L'après-homme ne se décrète pas, ne sera le fruit d'aucun régime - aussi bien intentionné qu'il puisse être. Les tentatives de construire un surhomme par la politique ont toutes terriblement échoué. Mais il faut croire que l'homme n'a pas été écorché assez violemment pour que l'on devine la voie à suivre... L'après-homme sera, après un temps dont l'échelle nous paraît délirante, l'aboutissement d'un processus de réflexions et de mises en œuvre successives, et tirera son origine de notre volonté immédiate. De notre soif criée à la face du monde naîtra l'être ultérieur." C'est ça, fais semblant de réfléchir... montre à tes amis que t'en as dans la caboche... Parle, fais de beaux écrits en ne levant pas le petit doigt pour les appliquer. Mais comment faire autrement ? Déclencher l'avalanche en déplaçant les grains de glace un à un ? Gus TrackbacksThe trackback URL for this entry is: http://kavernagus.spaces.live.com/blog/cns!82529BDF918A89B1!517.trak Weblogs that reference this entry
|
|
|