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14/11/2008 Pour ne rien dire, vraiment ? Pourquoi pas, finalement ? Que reste-t-il au langage quand il ne véhicule aucun sens ? Pourquoi parler pour ne rien dire, faire le moulin à paroles (gare aux Don Quichotte) ? J'ai commencé ce billet sans savoir de quoi ça allait parler, comme d'habitude. Et les mots viennent, au fur et à mesure de l'écriture. Cela veut dire qu'il y a quelque chose à exprimer, mais pas nécessairement par le signifiant des mots, immédiatement pigé par notre caboche (on entend "rentrchétoitamèrtafédégofr" que déjà l'on a compris qu'il en retourne de la cuisine maternelle). Il me suffirait de m'arrêter là pour être compris par certains mortels. Euh, peut-être, me diront les autres, mais qu'y a-t-il à comprendre ? C'est là que ça devient intéressant. Un besoin de parler pour ne rien dire peut survenir par empathie : nécessité d'aller vers l'autre pour qu'il s'exprime, précisément sans rien dire d'important, juste pour que la confiance s'installe et se transforme en confidence. Pour laisser l'espace à l'autre, pour ne pas imposer un sujet, ne pas tout ramener à soi. (Ce qui est très dur pour moi. Euh... et merde...) La plupart des gens ne comprennent pas ou ne veulent pas voir qu'on leur laisse l'occasion de s'exprimer. Exemple. DUGENOU - ça va ? DUCHMOL - Ouais... (silence) DUGENOU - si on allait faire des bites en pâte à modeler ? DUCHMOL - ... nan, c'est contraire à ma religion. DUGENOU - Pourquoi, t'es musulman ? Tu manges que du muesli'm ? (Jeu de mots pitoyable franco-anglais) DUCHMOL - ... DUGENOU - Ou on fait des gaufres ? (contagion du désespoir, plus de réplique, plus rien) DUCHMOL - ... DUGENOU - Bon ben salut... Le processus inverse peut aussi avoir lieu, évidemment. Parler pour ne rien dire, c'est parfois un appel au secours muet, une demande d'assistance qui ne s'avoue pas. Parler, éviter soigneusement d'aborder ce qui cloche ; le conscient fuit le sujet, l'inconscient le considère avec avidité. Attention. Je dirais même Achtung, à l'intention de notre potentiel lecteur teutonisant. Il n'est pas question ici de racontages de merde, lesquels peuvent être à fonction purement défoulatoire et curative (et parfois cure hâtive, malheureusement), limite en mode mini-catharsis. Exemple. ELODIE - Tu viens à ma pendaison de crémaillère ? GUS - Stu veux, tu fais la crémaillère, et moi la pendaison. Bon j'arrête avec mes blagues vaseuses sur le suicide. Je reprends. Stu veux, tu fais la crémaillère, et moi la pendaison. Bon, j'arrête avec mes blagues faciles sur Nicolas Sarkozy. Stu veux, tu fais la crémation, et moi la pendouillère. Bon j'arrête avec mes blagues vaseuses sur les juifs. ELODIE - roflol, t'es qu'un sale roXXor de la logorrhée inutile, OMFGWTFBBQ!!1!onehundredandeleven!! Pour conclure (oui, déjà, on est pas allé loin hein? Bah vous plaignez pas c'était gratuit), il faut un dernier exemple. Dans l'optique d'une compréhension approfondie du paradigme lié au contenu métalinguistique des échanges entre locuteurs, on s'est fort brièvement penché sur l'essence véhiculaire de la communication, qui précède l'existence d'un sens nous apparaissant paradoxalement comme immédiat, du fait de l'intellection intégrative quasi-indissociable de la perception des lemmes. Alors là, c'est la phrase où y'a rien. La première partie est creuse, la deuxième est une paraphrase de ce qui précède. Rien donc, à part une légère boutade contre Sartre et consorts. Mais, il y a quelque chose, bordel de pipe à frömage ! Bonsoir. PS : Aucune minorité ethnique n'a été insultée pendant la rédaction de ce billet. Pardon aux minorités religieuses, toü çâ. TrackbacksThe trackback URL for this entry is: http://kavernagus.spaces.live.com/blog/cns!82529BDF918A89B1!523.trak Weblogs that reference this entry
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