Gus's profileKavernaguSPhotosBlogListsMore Tools Help

Blog


    29/06/2009

    De Inutilibus Gavus (Védéhème 1/2)

    Ce week-end, il m'est arrivé des tas de trucs. Et comme vous vous en foutez, j'ai décidé de raconter ça ici. Il va de soi que l'étalement de la prose vise principalement à susciter une jovialité chez le lecteur (l'hilarité, bienvenue, n'est pas nécessaire). Si vous n'avez que ça à foutre, déclamez, il y a certainement quelques passages marrants à l'oral.

    On peut situer le début de tout ça au milieu de la journée du samedi. Oui, c'est là que s'inscrivirent les présages, les prémices, les prolégomènes de l'enchaînement impitoyable qui allait s'ensuivre.
    Prends garde, ô lecteur : tu t'aventures dans les sinistres méandres d'une histoire qui, si elle est racontée avec un lyrisme débridé, n'en est pas moins entièrement vraie. Toutefois, cela n'implique aucunement que ce récit soit structuré, pensé à l'avance et encore moins source d'intérêt. C'est essentiellement un premier jet, et pas un jet privé. Tu es prévenu.

    ==PREMIÈRE PARTIE ==
    Samedi aprème, doncques, ma mie et moi même mollissions en atermoiements matelatesques et somnolents, lorsqu'il fallut se mettre à déménager. Eh oui, deux semaines sans se voir, trois autres encor ensuite, et tout ce qu'on avait à foutre c'était de transbahuter des meubles de Marcy à Francheville.
    Vaisselle. Paquetages. Descente. Chargeage. Voiturage. Bonjour belle-maman, bonjour beau-papa, ça va ? "Oui, oui". Bon, moi ça va aussi mais ça doit être écrit sur ma tronche puisqu'ils ne se sont enquis en rien du déroulement de ma vie ; ce qui est une des raisons pour laquelle je me venge en en dévidant l'interminable fuseau sous vos yeux (j'ai failli écrire "veaux" yeux, ça aurait claqué non ?) de canard ébaubi.

    On débarque, on pose, on traîne, on s'attarde, la mère de Mathilde râle, le fils demande "Maman, pourquoi tu t'entends pas avec Gus ?" - obligé de rattraper le coup avec une blague de passage, j'enchaîne les vannes pour qu'on parte et qu'on tue la putain de vermine de chien galeux appartenant ma tendre aimée. Nous abandonnons du même coup trois heures de notre vie, et le susdit canidé.

    Je passerai sur les quelques heures qui s'ensuivirent, fort agréables au demeurant, n'eussent été les légions insectoïdes venus tapisser le plafond, et que nous mîmes plus d'une demi-heure à réduire à la portion congrue en utilisant des stratagèmes de Lyonnais. Admettre cela, c'est dire à quelle extrémité nous en étions réduits. Mais enfin, j'ai dit que je racontais pas les épisodes croustillants, donc pour l'extrémité, passons derechef.

    Enfin, se saoulant de sommeil dans les bras l'un de l'autre, nous goûtons à la saveur ineffable de l'endormissement. Et nous y goûtons d'autant plus de fois qu'une inépuisable escadrille de muscae domesticae vrombit sans relâche à nos oreilles (FRRRZZZZLZZZZLZLZLFFFRZFZLFZLZZFFRZLZZZZFLFLZFLBBLLLLLBRIANISINTHEKITCHENZZZZZZZZZZ), nous arrachant inlassablement aux tentacules de Morphée. Les présomptueux diptères n'eurent de cesse que de me faire haïr l'absence locale de boules quiès, dont j'ai ordinairement toujours une paire sur moi - en sus de celles dont me dota un développement embryonnaire plus que hasardeux.

    Finalement, douze heures quarante cinq, l'orthoptère engeance a raison de ma volonté, et j'émerge définitivement à cette heure matinale. Piochant dans ma trousse de toilettes, j'y trouve une boîte de boules quiès neuves que j'avais soigneusement jointes à mon paquetage le vendredi même, en prévision d'un cas de figure similaire. La malepeste soit de ma non-cervelle.
    Dès potron-minet (i.e. vers 15h30), nous nous mettons à l'ouvrage. Dévissage, démontage, déboîtage, empoignage, levage, descendage, calage dans le paquebot sur roues emprunté au géniteur de ma doülce.

    Rebelote, arrivés à Francheville c'est la vasouille. On met quoi où ? Bla, bla. Tiens, Mathilde ma fille, t'es vraiment une empotée, t'as encore pourri ta voiture. Oh, t'as révisé que trois cents pages sur mille en trois jours ? C'est pas sérieux, Mathilde (j'invente presque rien !). On perd encore trois quarts d'heure à filer récupérer à Tassin une cuisinière, qui contrairement à ce que je me figurais, n'avait pas soixante-dix ans et des poignées d'amour, mais pesait autant de kilos pour une seule poignée ne permettant même pas le levage.
    Nous récupérons au passage la calamité à bave, qui daigne nous faire le présent d'une crotte juste avant de monter en voiture, Simone. Etant dans l'agglomération lyonnaise et par conséquent à des lieues de toute civilisation, nous n'eûmes d'autre choix que de soutenir les subtils effluves que le sac à excréments - mal refermé - diffusait massivement, dans tout l'habitacle de notre véhicule.

    De retour à Marcy, voilà que nous rebouchons les trous (épisode non scabreux car il s'agissait de ceux des murs) tout en forant ailleurs, afin de replaquer une tablette. Enéfé, ladite planche avait été solidement ancrée dans la muraille de placo 5mm à l'aide de puissants cure-dents, renforcés par du papier mâché malien à toute épreuve ; malgré ce, un léger coup de coude l'avait totalement arrachée. Vingt et une heures, le beau-père (fort sympathique au demeurant, et même aux demeurées, n'est-ce pas M*******) s'arrache, et nous laisse pour une folle dizaine de secondes d'intimité, nous enlaçant sauvagement à l'avant d'une voiture, audacieusement sanglés par nos ceintures, avec l'autre pourriture canine qui vient lui aussi mettre sa salive en commun.

    Etourdis par tant de stupre platonique et de dépravation automobile, nous voilà voguant (terme usité dans le cas des routes péri-lyonnaises) vers la célèbre place de Gorge de Loup, connue notamment pour sa station de métro Gorge de Loup. Là, j'y prends le métropolitain (si on peut parler de métropole dans ce pays de sauvages), et j'ai le choix entre prendre le train à 22h à Part Dieu, ou 21h46 à Perrache. Ni une, ni deux, me voilà à Perrache, d'où je peux déjà apercevoir le scintillement des phares de mon TGV de 21h...42 s'éloigner. Echec. No way, je dois attendre le prochain, qui arrive à 1h à Paris.

    Me voici coincé dans un wagon exigu, à côté d'une asiatique qui babille dans son émetteur d'ondes radio à kikoolol incorporé, et en face de deux jeunes blacks anglaises, à me creuser les méninges afin d'obtenir un plan de retour nocturne à Kchan, passée l'heure de fermeture des réseaux express régionaux. Il va de soi que pour ce faire, je dispose :
    - de mon téléphone portable à la batterie quasiment épuisée (il me souvient alors cet instant fugace, où, prenant la tangente vendredi soir, je décidai in petto qu'exceptionnellement je n'emmènerais pas mon chargeur, car il  ne m'arriverait aucune galère.  TROISIÈME FOIS SEULEMENT EN CINQ ANS que je le prends pas. Argh.)
    - un exemplaire de "Ma bite et mon couteau" daté de 1963, aux Éditions Quechua
    - ma bite
    - mon cout... euh, mes surins (là encore, je fonctionne par paires)
    - de mon iPod qui FINIT DE MOURIR PENDANT LE VOYAGE. Aaaaaaargh.
    - de mon nouveau MacBook, acheté après noyade de l'ancien, DONT LA BATTERIE A UN FOUTU DÉFAUT DE FABRICATION ARGH
    - d'un excellent bouquin que j'ai fini JUSTE avant de monter dans le train. YAAAAAAARGL

    Shit. Et là, le moulshot : voici que les deux britanniques étalent devant moi un grand plan des transports parisiens. w00t, me voilà sauvé, je vais pas perdre trois plombes sur place à m'orienter sur un vague plan indéchiffrable de la RATP, à la jaunâtre lueur des lampadaires faiblards qui ne daignent même pas nous offrir assez de photons pour entraver quoi que ce soit à la carte. Super, le 57 trace de gare de lyon à arcueil, plus cinq cents mètres à pied. Youpi, joie, bonheur, chaleur, chicco dou brazil, chihuahua vietnamien, etc.

    Sauf que le 57 ne circule que le jour, et que les donzelles n'ont pas le plan des noctiliens. Bon. Faux moulshot. Faut quand même savoir que les lampadaires, c'est étudié pour avoir un spectre pas si mal que ça, hein. Finalement, c'est même super, les putains de lampadaires, à tel point que les chiens les adorent. Tiens, les chiens, ces créatures estimables.
    Arrivé à Paris, me voici ratant avec brio le dernier métro 14 vers châtelet qui m'aurait permis de récupérer un bon noctilien facilement. Tiens, n'eût été le train qui est arrivé 10 minutes en retard, je l'aurais eu.
    Quinze minutes pour trouver l'arrêt de bus (c'est vaste, Paris Gare de Lyon), je laisse passer le N01 trop plein. Et un putain de quart d'heure sans iPod ni lecture, c'est long. Pas encore aussi long que la suite...

    Puis cinq minutes d'attente pour le N14, après hop je suis chez moi en 45 minutes. Ah, tiens, finalement le 2h10 ne passe pas. C'est pas plus mal, son horaire porte malheur en Ouzbékistan. Le 2h30 non plus, contrairement à ce que nous annoncent les chauffeurs successifs des autres lignes qui nous narguent de leurs superbes bolides, estampillés du prestigieux sigle RATP. Bah, les demi-heures piles, c'est extrêmement galvaudé. Laissons tomber.

    2h45. Putain. 1h45 que j'suis à Paris, ma progression a atteint le chiffre fabuleusement minable de deux millions de millimètres. Mon duodénum le dispute à mon iléon pour me signifier que bordel, douze heures de jeûne c'est pas des conditions de travail, merde. Je fustige ces deux malappris avec superbe, en exhibant des photos d'américains obèses et de somaliens tout maigres - l'arsenal du parfait bien-pensant - en les morigénant sur les méfaits d'une vie de Mc Do dissolue. "Le somalien a de la chance", précisé-je, "parce que ses maladies chroniques lui font garder la ligne. Mais faites attention, vous n'aurez pas toujours la chance d'avoir une diarrhée ou un ver intestinal pour effacer vos excès, petits gourmands que vous êtes".

    3h30. À Cachan. Finalement, un taxi m'a taxé cent balles.

    (la suite... dans le billet suivant.)

    PS : Blague "humour noir", offerte par Maryline, qui m'a particulièrement mis en joie :
    Pourquoi la petite fille est tombée de la balançoire ?

    (la suite... dans le PS du billet suivant.)


    Comments

    Please wait...
    Sorry, the comment you entered is too long. Please shorten it.
    You didn't enter anything. Please try again.
    Sorry, we can't add your comment right now. Please try again later.
    To add a comment, you need permission from your parent. Ask for permission
    Your parent has turned off comments.
    Sorry, we can't delete your comment right now. Please try again later.
    You've exceeded the maximum number of comments that can be left in one day. Please try again in 24 hours.
    Your account has had the ability to leave comments disabled because our systems indicate that you may be spamming other users. If you believe that your account has been disabled in error please contact Windows Live support.
    Complete the security check below to finish leaving your comment.
    The characters you type in the security check must match the characters in the picture or audio.

    To add a comment, sign in with your Windows Live ID (if you use Hotmail, Messenger, or Xbox LIVE, you have a Windows Live ID). Sign in


    Don't have a Windows Live ID? Sign up

    Trackbacks

    The trackback URL for this entry is:
    http://kavernagus.spaces.live.com/blog/cns!82529BDF918A89B1!565.trak
    Weblogs that reference this entry
    • None