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KavernaguSChaque seconde perdue l'est à jamais. 6/29/2009 De Inutilibus Gavus (Védéhème 2/2) == SECONDE PARTIE== [Petit paragraphe introductif : qu'il me soit permis ici de détailler quelque peu l'anatomie de la ligne de RER B, qui entre en jeu le long de ce. Non, il ne manque pas de mot. Bagneux --> Bourg-la-Reine (dégueulasse), changement obligatoire : Bourg-la-Reine --> Orsay, Bures-sur-Yvette, La Hacquinière, Gif-sur-Yvette. Moyenne de temps pour rentrer : 1h15. Fréquence des RER : un toutes les douze minutes, soit 1,4 millihertz.] 10h00. Arrivée au labo. Quelle bande de branleurs, même pas ils font un lab-meeting du lundi matin, what ??? 10h05. Mes orteils en éventail se recroquevillent : l'étudiant que je salue usuellement d'un jovial "Ave, thésard" fait irruption, l'air à la bourre et hagard. "Je suis à la bourre et hagard, le labmeeting est à l'étage". Oh merde. 11h35 : finalement la gravité, cette "cruelle salope", n'a pas eu raison de mes vaillantes paupières. Ha. Puis, une dizaine de minutes de déambulation routinière me permettent de redécouvrir que ma boulangerie-étape-casse-croûte habituelle fait, comme toutes les boulangeries (et la foire aux bourre-pifs), relâche le lundi. Joie, une gargote juste en face me permet de me restaurer d'un plantureux sandwich spongieux, au jambon pas frais et au Beur plutôt mal intégré ; ma délectation, accompagnée d'un breuvage tiédasse se faisant passer pour du coca frais, n'est pas seulement celle de la gula (appétit matériel). En effet, je savoure également le déchiffrement d'un exemplaire du Parisien qui traînait, traitant de l'épanouissement actuel du Parti Socialiste. En guise de résumé : bien s'emplir la panse en lisant un bon journal -offert par la maison - à l'actualité optimiste, ça valait bien la modique somme de cinq euros trente. 15h30 : "Bon ben en fait faut que je parte", me fait la (charmante, ça c'est vrai) post-doc qui s'occupe de mon cas. Bon, trop nouveau, je peux pas encore faire de manips tout seul. Je végète deux heures en attendant que le (sympathique, ça c'est vrai aussi) thésard m'offre des explications qu'il m'a promises. Après 120 minutes à galérer sur une commande LaTeX, sans aucun résultat : "Bon ben faut que je parte, désolé", qu'il me sort avec un sens de la récupération qui laisserait baba Nicolas Hulot lui-même. 17h45. J'arrive devant la station RER de Gif-sur-Yvette, et au terme du plus gros sprint de ouphzor de ma life, je l'accroche in extremis. Ma mission : récupérer des papiers à Bures-sur-Yvette, reprendre le RER, rentrer sagement. Y'en a pour une heure et quart à tout péter. Je descends à Bures-sur-Yvette, fais un gigantesque tour de pâté de maisons avant de me rappeler qu'il fallait descendre à La Hacquinière. Dix minutes d'attente. La Hacquinière. Ah oui ! Foutrecul, je me souviens ! Et voilà la grande pente finale qu'il faut monter ! Trois kilomètres de dénivelé plus haut, je me rends compte que "ah non, je me suis gouré d'une rue". Ah oui mais pour passer dans la rue parallèle, faut faire encore le double de dénivelé. Après avoir allègrement musclé mes petites cuisses et abondamment imbibé ma chemise d'un cocktail détonant "Phéromones + sueur", drainant par là même un tel courant de femmes admiratives que c'est à peine si j'avançais, (ce qu'on appelle la "traînée" en physique, dûe à l'air, ou "les traînées" sur le trottoir), je RÉCUPÉRAI LE PUTAIN DE PAPIER. La Hacquinière. Cinq minutes d'attente. Ah non, je me suis gouré de côté, le boulet : neuf minutes. Correspondance à Bagneux : j'arrive sur la voie, seulement une minute d'attente. "Train annulé." Veuillez accepter notre totale absence d'explications et d'excuses. 20h05 : à Cachan. J'aurais pu y être à cinq heures... MAIS JE M'EN FOUS, J'AI LE PAPIER !!!! JE VAIS POUVOIR RÉCUPÉRER MES 330 EUROS DU CROUS !! MÉTAJOIE ! "Bilan de la manip, les enfants" : "ça n'fait rien... nous vivons un temps bien singulier". Enfin, je rouspète, mais à la base si j'avais pas fait le con avec mon train et que j'avais vérifié l'adresse (pourtant, la maison-cible est située à Bures...), j'aurais pas perdu ces temps monumentaux. J'aurais pu les mettre à profit pour FAIRE RÉPARER TOUS MES PUTAINS D'APPAREILS QUI TOMBENT EN RADE. Ah oui, mon portable est déjà à moitié en panne, mais ça c'est pas nouveau. Comme le veut l'immensité cinématographique des Nuls, comme le proposa ma petite frangine, je conclurai sur la réplique immortelle de George Abitbol passant de vie à trépas : "monde de merde". Et vous savez quoi ? Tout le long de ce périple qui me valut de moult pas, j'avais aux panards, tel le loser de base, les grolles encore rutilantes de nouveauté qui me sont trop petites d'une taille. Outch. MAIS Mais j'ai quand même passé un super deuxième anniv' de chopage avec ma chérie, qui a tenté de me secourir de manière tout à fait remarquable. Merci mille et une fois. Un grand merci aussi à Amandine, une sainte-kdeumi fauriélienne que j'hébergeasse, qui pour me remercier de l'accueillir m'avait préparé une petite entrée à base de rondelles de concombre, sur lesquels trônaient des tomates-cerises représentant un bonhomme content et un pas content - métaphore simple mais efficace de la journée. Remerciements à ma ptite frangine, qui a bien voulu relire toussâ contre zéro fraise tagada, me fournir le "Gravity... Heartless bitch." et l'idée d'Abitbol. Condoléances à certains personnages que j'ai quelque peu écorchés, c'est pour de rire, hein... Bon, on sent que je fatigue sur la fin, tu m'étonnes. S'il y avait parmi vous des braves entre les braves, sortes de guerriers barbares de l'obstination littéraire qui auraient tout lu, je vous salue bien bas, et vous en remercie humblement. J'espère que ce nouvel exploit vers les sommets de l'inutile et du racontage de vie vous aura au moins un peu creusé les rides du rire, et aplani celles du ronchonnement... Et surtout, ça confirme une chose : j'adore qu'il m'arrive des trucs pourris, comme ça je peux me plaindre... le tout est de savoir le faire passer :o) PS : réponse (cf billet précédent) : Parce qu'elle n'a pas de bras. De Inutilibus Gavus (Védéhème 1/2)Ce week-end, il m'est arrivé des tas de trucs. Et comme vous vous en foutez, j'ai décidé de raconter ça ici. Il va de soi que l'étalement de la prose vise principalement à susciter une jovialité chez le lecteur (l'hilarité, bienvenue, n'est pas nécessaire). Si vous n'avez que ça à foutre, déclamez, il y a certainement quelques passages marrants à l'oral. On peut situer le début de tout ça au milieu de la journée du samedi. Oui, c'est là que s'inscrivirent les présages, les prémices, les prolégomènes de l'enchaînement impitoyable qui allait s'ensuivre. Prends garde, ô lecteur : tu t'aventures dans les sinistres méandres d'une histoire qui, si elle est racontée avec un lyrisme débridé, n'en est pas moins entièrement vraie. Toutefois, cela n'implique aucunement que ce récit soit structuré, pensé à l'avance et encore moins source d'intérêt. C'est essentiellement un premier jet, et pas un jet privé. Tu es prévenu. ==PREMIÈRE PARTIE == Samedi aprème, doncques, ma mie et moi même mollissions en atermoiements matelatesques et somnolents, lorsqu'il fallut se mettre à déménager. Eh oui, deux semaines sans se voir, trois autres encor ensuite, et tout ce qu'on avait à foutre c'était de transbahuter des meubles de Marcy à Francheville. Vaisselle. Paquetages. Descente. Chargeage. Voiturage. Bonjour belle-maman, bonjour beau-papa, ça va ? "Oui, oui". Bon, moi ça va aussi mais ça doit être écrit sur ma tronche puisqu'ils ne se sont enquis en rien du déroulement de ma vie ; ce qui est une des raisons pour laquelle je me venge en en dévidant l'interminable fuseau sous vos yeux (j'ai failli écrire "veaux" yeux, ça aurait claqué non ?) de canard ébaubi. On débarque, on pose, on traîne, on s'attarde, la mère de Mathilde râle, le fils demande "Maman, pourquoi tu t'entends pas avec Gus ?" - obligé de rattraper le coup avec une blague de passage, j'enchaîne les vannes pour qu'on parte et qu'on tue la putain de vermine de chien galeux appartenant ma tendre aimée. Nous abandonnons du même coup trois heures de notre vie, et le susdit canidé. Je passerai sur les quelques heures qui s'ensuivirent, fort agréables au demeurant, n'eussent été les légions insectoïdes venus tapisser le plafond, et que nous mîmes plus d'une demi-heure à réduire à la portion congrue en utilisant des stratagèmes de Lyonnais. Admettre cela, c'est dire à quelle extrémité nous en étions réduits. Mais enfin, j'ai dit que je racontais pas les épisodes croustillants, donc pour l'extrémité, passons derechef. Enfin, se saoulant de sommeil dans les bras l'un de l'autre, nous goûtons à la saveur ineffable de l'endormissement. Et nous y goûtons d'autant plus de fois qu'une inépuisable escadrille de muscae domesticae vrombit sans relâche à nos oreilles (FRRRZZZZLZZZZLZLZLFFFRZFZLFZLZZFFRZLZZZZFLFLZFLBBLLLLLBRIANISINTHEKITCHENZZZZZZZZZZ), nous arrachant inlassablement aux tentacules de Morphée. Les présomptueux diptères n'eurent de cesse que de me faire haïr l'absence locale de boules quiès, dont j'ai ordinairement toujours une paire sur moi - en sus de celles dont me dota un développement embryonnaire plus que hasardeux. Finalement, douze heures quarante cinq, l'orthoptère engeance a raison de ma volonté, et j'émerge définitivement à cette heure matinale. Piochant dans ma trousse de toilettes, j'y trouve une boîte de boules quiès neuves que j'avais soigneusement jointes à mon paquetage le vendredi même, en prévision d'un cas de figure similaire. La malepeste soit de ma non-cervelle. Dès potron-minet (i.e. vers 15h30), nous nous mettons à l'ouvrage. Dévissage, démontage, déboîtage, empoignage, levage, descendage, calage dans le paquebot sur roues emprunté au géniteur de ma doülce. Rebelote, arrivés à Francheville c'est la vasouille. On met quoi où ? Bla, bla. Tiens, Mathilde ma fille, t'es vraiment une empotée, t'as encore pourri ta voiture. Oh, t'as révisé que trois cents pages sur mille en trois jours ? C'est pas sérieux, Mathilde (j'invente presque rien !). On perd encore trois quarts d'heure à filer récupérer à Tassin une cuisinière, qui contrairement à ce que je me figurais, n'avait pas soixante-dix ans et des poignées d'amour, mais pesait autant de kilos pour une seule poignée ne permettant même pas le levage. Nous récupérons au passage la calamité à bave, qui daigne nous faire le présent d'une crotte juste avant de monter en voiture, Simone. Etant dans l'agglomération lyonnaise et par conséquent à des lieues de toute civilisation, nous n'eûmes d'autre choix que de soutenir les subtils effluves que le sac à excréments - mal refermé - diffusait massivement, dans tout l'habitacle de notre véhicule. De retour à Marcy, voilà que nous rebouchons les trous (épisode non scabreux car il s'agissait de ceux des murs) tout en forant ailleurs, afin de replaquer une tablette. Enéfé, ladite planche avait été solidement ancrée dans la muraille de placo 5mm à l'aide de puissants cure-dents, renforcés par du papier mâché malien à toute épreuve ; malgré ce, un léger coup de coude l'avait totalement arrachée. Vingt et une heures, le beau-père (fort sympathique au demeurant, et même aux demeurées, n'est-ce pas M*******) s'arrache, et nous laisse pour une folle dizaine de secondes d'intimité, nous enlaçant sauvagement à l'avant d'une voiture, audacieusement sanglés par nos ceintures, avec l'autre pourriture canine qui vient lui aussi mettre sa salive en commun. Etourdis par tant de stupre platonique et de dépravation automobile, nous voilà voguant (terme usité dans le cas des routes péri-lyonnaises) vers la célèbre place de Gorge de Loup, connue notamment pour sa station de métro Gorge de Loup. Là, j'y prends le métropolitain (si on peut parler de métropole dans ce pays de sauvages), et j'ai le choix entre prendre le train à 22h à Part Dieu, ou 21h46 à Perrache. Ni une, ni deux, me voilà à Perrache, d'où je peux déjà apercevoir le scintillement des phares de mon TGV de 21h...42 s'éloigner. Echec. No way, je dois attendre le prochain, qui arrive à 1h à Paris. Me voici coincé dans un wagon exigu, à côté d'une asiatique qui babille dans son émetteur d'ondes radio à kikoolol incorporé, et en face de deux jeunes blacks anglaises, à me creuser les méninges afin d'obtenir un plan de retour nocturne à Kchan, passée l'heure de fermeture des réseaux express régionaux. Il va de soi que pour ce faire, je dispose : - de mon téléphone portable à la batterie quasiment épuisée (il me souvient alors cet instant fugace, où, prenant la tangente vendredi soir, je décidai in petto qu'exceptionnellement je n'emmènerais pas mon chargeur, car il ne m'arriverait aucune galère. TROISIÈME FOIS SEULEMENT EN CINQ ANS que je le prends pas. Argh.) - un exemplaire de "Ma bite et mon couteau" daté de 1963, aux Éditions Quechua - ma bite - mon cout... euh, mes surins (là encore, je fonctionne par paires) - de mon iPod qui FINIT DE MOURIR PENDANT LE VOYAGE. Aaaaaaargh. - de mon nouveau MacBook, acheté après noyade de l'ancien, DONT LA BATTERIE A UN FOUTU DÉFAUT DE FABRICATION ARGH - d'un excellent bouquin que j'ai fini JUSTE avant de monter dans le train. YAAAAAAARGL Shit. Et là, le moulshot : voici que les deux britanniques étalent devant moi un grand plan des transports parisiens. w00t, me voilà sauvé, je vais pas perdre trois plombes sur place à m'orienter sur un vague plan indéchiffrable de la RATP, à la jaunâtre lueur des lampadaires faiblards qui ne daignent même pas nous offrir assez de photons pour entraver quoi que ce soit à la carte. Super, le 57 trace de gare de lyon à arcueil, plus cinq cents mètres à pied. Youpi, joie, bonheur, chaleur, chicco dou brazil, chihuahua vietnamien, etc. Sauf que le 57 ne circule que le jour, et que les donzelles n'ont pas le plan des noctiliens. Bon. Faux moulshot. Faut quand même savoir que les lampadaires, c'est étudié pour avoir un spectre pas si mal que ça, hein. Finalement, c'est même super, les putains de lampadaires, à tel point que les chiens les adorent. Tiens, les chiens, ces créatures estimables. Arrivé à Paris, me voici ratant avec brio le dernier métro 14 vers châtelet qui m'aurait permis de récupérer un bon noctilien facilement. Tiens, n'eût été le train qui est arrivé 10 minutes en retard, je l'aurais eu. Quinze minutes pour trouver l'arrêt de bus (c'est vaste, Paris Gare de Lyon), je laisse passer le N01 trop plein. Et un putain de quart d'heure sans iPod ni lecture, c'est long. Pas encore aussi long que la suite... Puis cinq minutes d'attente pour le N14, après hop je suis chez moi en 45 minutes. Ah, tiens, finalement le 2h10 ne passe pas. C'est pas plus mal, son horaire porte malheur en Ouzbékistan. Le 2h30 non plus, contrairement à ce que nous annoncent les chauffeurs successifs des autres lignes qui nous narguent de leurs superbes bolides, estampillés du prestigieux sigle RATP. Bah, les demi-heures piles, c'est extrêmement galvaudé. Laissons tomber. 2h45. Putain. 1h45 que j'suis à Paris, ma progression a atteint le chiffre fabuleusement minable de deux millions de millimètres. Mon duodénum le dispute à mon iléon pour me signifier que bordel, douze heures de jeûne c'est pas des conditions de travail, merde. Je fustige ces deux malappris avec superbe, en exhibant des photos d'américains obèses et de somaliens tout maigres - l'arsenal du parfait bien-pensant - en les morigénant sur les méfaits d'une vie de Mc Do dissolue. "Le somalien a de la chance", précisé-je, "parce que ses maladies chroniques lui font garder la ligne. Mais faites attention, vous n'aurez pas toujours la chance d'avoir une diarrhée ou un ver intestinal pour effacer vos excès, petits gourmands que vous êtes". 3h30. À Cachan. Finalement, un taxi m'a taxé cent balles. (la suite... dans le billet suivant.) PS : Blague "humour noir", offerte par Maryline, qui m'a particulièrement mis en joie : Pourquoi la petite fille est tombée de la balançoire ? (la suite... dans le PS du billet suivant.) 5/11/2009 Les (petites) choses de la vie... Bonsoir, Encore un billet inutile. Pour vous parler de ces petites choses étranges qui nous arrivent. Ce billet sera peut-être complété, parce qu'il n'y a pas grand'chose à y mettre. Une petite citation liminaire : "NK: bah c comme l'autre jour je dépasse une pigeot 206 et mon compteur journalier passe en même temps a 206 kms NK: je ne supporte pas de ne pas comprendre les signes que m'envoient une puissance surnaturelle" Aujourd'hui, dans un de ces accès de non-inventivité qui me pousse régulièrement à oser la platitude la plus éhontée dans la référence culturelle, je modifiai mes pseudos MSN comme suit : "Gavüs - Atchoum !" "Mais aussi en mode Prof, Dormeur, Simplet, Timide, Grincheux ET Joyeux..." C'est stupide. Et alors, tant que c'est vrai, on ne peut pas taxer la réalité de stupidité. Pas plus que "la vie est injuste" n'a de sens. Bref... Et là, dans l'unique fenêtre de conversation MSN que j'ouvre (avec un ami et néanmoins lyonnais, matheux, qui m'a expliqué comment deux droites parallèles se croisent, avec force équivalences et projections entre 2 et 3h du mat... comment ça "this is sick" ?), il y a la petite pub en bas à gauche. Vous savez, ces slogans de réclame lapidaires qui vous expédient dans la face un condensé de l'inanité de la consommation à outrance... et l'incroyable absurdité de leur ton enjoué : - "Britney : 83,1 de QI. Desproges : 130. Et vous ?" - "Tokio Hotel : J'ai pissé sur ma peluche" sur ton portable !" - "Télécharge vite la dernière sonnerie : PeuhRaDuNeufTrois et Magic System, "Je t'ai rencontrée au FuckingBlueBoy, stro gaou koi" Eh bien là, il y avait marqué : "Logo 7 nains OFFERT : Grincheux, simplet, prof choisis ton nain !" Outre le mépris de toute logique majuscule et l'oubli disgracieux d'une virgule par là désespérée, soit j'ai fumé (ce qui est possible, après tout je ne sais pas ce que je fais quand je prends de l'héro), soit j'ai trouvé la preuve sous mes yeux ébaubis que MSN se sert de vos informations personnelles pour vous envoyer de la pub' personnalisée. Magnifique hein ? Je n'ai pas poussé le vice jusqu'à vérifier, mais essayez de mettre le nom d'une marque partenaire de MSN dans votre pseudo... ou hypo-pseudo... juste pour rire. Juste pour faire croire à ces bouffons que leur propagande cible correctement les gens. Pour être le petit biais dans leurs statistiques. Le petit biais dont jamais personne ne s'apercevra, et c'est ce qui finit toujours par foutre la merde dans le monde carré des scienteux. Autre exemple de micro-événement. Depuis trois semaines, je me baladais avec une pièce de 1 penny en poche, dont la présence largement improbable à Kchan avait fait que je l'avais ramassée et gardée. Après d'une lessive particulièrement pleine de bruit et de fureur (c'est à dire qu'il ne s'est rien passé pendant soixante minutes, fors la chute d'un mégot du trottoir jouxtant le commerce), je retire mes guenilles humides de la machiiiine. Je manquai louper le petit éclat argenté qui, luisant au fond du tambour, attira mon attention d'une manière des plus tape-à-l'oeil. "Tiens, ma pièce de 1 penny", dis-je en surpassant du même coup Corneille par mon sens du drame, et Hercule Poirot par ma puissance déductive. Effectivement, il y avait Elizabeth II dessus. Mais non, il s'agissait d'une autre que la mienne. Quelle était la probabilité pour que je trouve deux pièces de 1 penny, à Kchan et Arcueil (suffisamment loin pour ne pas provenir de la même personne), à trois semaines d'intervalle, et surtout... Quelle était la probabilité pour que je trouve la deuxième dans le seul endroit où je pouvais m'attendre à trouver la première ? On s'en fout totalement, et cette anecdote parfaitement authentique n'a d'autre intérêt que de m'avoir fourni un contrepet de bas étage. "Je préfère encore avoir deux pence plutôt que le penny." Ce qui paraît logique. "Je préfère encore avoir deux pénis plutôt que Le Pen." Implacable hasard. Vous êtes atterrés, je vais donc m'arrêter. J'espère que quelques-uns d'entre vous sauront savourer ce billet en tant que l'hymne à la gloire de l'Inutile... Güs 4/10/2009 G20 de Londres : peut mieux faire [avec Clément] Voici un courriel que Clément m'a envoyé suite à l'article Pétage de Plombs IV. Il reprend certaines questions, et est notamment centré sur ce qui est sorti du G20 à Londres, début avril. J'ai intercalé quelques éléments de réponse, personnels et je l'espère sans prétention (en bleu sombre). Clément m'a donné son accord pour publier ici, et je le remercie de s'être intéressé à ce sujet dont tout le monde se fout. Bonne lecture. Le 4 avr. 09 à 00:13, Clement ******** a écrit : Je prends la "plume" ce soir pour connaître quelque peu ton point de vue sur ce qui se passe actuellement à l'échelle mondiale : je parle bien sûr des conclusions du G20. j'ai épluché pas mal d'articles pour tenter de comprendre quelles décisions avaient été prises, et j'avoue que soit je n'y comprends rien, ce qui ne m'étonnerait guère, puisque malgré un bac éco et un intérêt certain pour cette "discipline", des tas de choses sur l'économie mondiale, ses rouages et ses entourloupettes, m'échappent ; soit je ne comprends mais alors rien du tout. soit ils nous prennent VRAIMENT pour des cons. Les deux, mon capitaine. Pour le "ils comprennent rien", c'est détaillé dans mon Pétage de plombs IV. Pour le "ils nous prennent vraiment pour des cons", je vais essayer d'être plus clair (my point of view, again, humble etc, etc) Je lis régulièrement tes articles et réagis à chaque fois que tu parles éco ou prospective : c'est très intéressant, et si tu le souhaites, j'aurais quand même quelques remarques à faire... on verra ça ultérieurement. en revanche, concernant ce fameux G20, si je ne me trompe pas, d'après mes sources : -injection de plus d'un milliard de dollars dans les économies mondialisées (youpi) Mille milliards. mille cent, même. C'est une agrégation de chiffres d'économies à venir, de garanties bancaires, de prises de participation de l'Etat dans les entreprises, bref c'est un "tas" de choses sans rapport, dont certaines ont déjà été annoncées auparavant. Il ne s'agit pas de 1100 milliards de dollars d'argent "frais" (Ah ah ah à part en vendant le chapeau de Geneviève de Fontenay personne ne dispose d'une telle somme à investir), mais plutôt d'un "tas", disais-je, destiné à faire un effet d'annonce salué d'ailleurs par Wall Street (joli rebond le soir même). De tels effets "poudre aux yeux" (pas que, certes, mais beon) servent d'électrochocs pour tenter d'arrêter la chute libre. Parce que relancer la croissance on n'y est pas encore (not before fin 2010), et de toutes façons ces notes de clairon ça sert à rien qu'à interrompre pour 24 heures le plongeon des marchés (dis-je en caricaturant si peu que j'en pleurerais). -augmentation du budget du FMI Il s'agit d'une d'émission de Droits de Tirage Spéciaux (DTS) pour 250 milliards de dollars, ainsi que d'une dotation de 500 milliards de vrai argent. DTS, keskecé ? C'est la "monnaie" du FMI, une sorte d'alliage fait en dollars/euros/yens/etc, qui lui sert d'unité de compte. En fait, 250 milliards de DTS ça veut dire on fait tourner la planche à billets, ça veut dire on crée BEAUCOUP d'argent ex nihilo. Outre que c'est pas très propre, ça risquerait de relancer rapidement l'inflation. On serait pas dans la merde avec 4 ou 5 % d'inflation et une croissance nulle, tiens... -refonte d'institutions économiques déterminantes (parce qu'elles ne font rien pour changer les choses) : réflexion sur les modes d'intervention et sur les moyens financiers de la banque mondiale et du FMI. pour 2011, donc ça traîne. Euh oui. Là je sais pas trop, j'avoue. Je sais qu'apparemment la règle tacite qui réservait la BM aux USA et le FMI à l'Europe sera abandonnée (on y croit). Apparemment, il devrait également y avoir des "comités de surveillance de l'économie", dont le rôle sera d'empêcher le gonflement des bulles. Mais bien sûr, vous allez dire aux banquiers "arrêtez de prendre l'argent à la pelle qu'il y a à vos pieds, sinon dans cinq ans vous pourriez perdre quelques pour cents de votre tune !" Qu'est-ce que vous allez faire, si jamais vous arriviez - ô miracle - à prévoir une bulle ? Faudrait pouvoir en convaincre les pires sourds : ceux que dévore l'appât du gain. Et puis faudrait savoir quoi faire, en fait, tout court. Sans pouvoir de législation et sans autorité capable d'imposer des lois, sans gouvernance mondiale, il n'y aura point de salut. J'insiste sur le fait que le G20 est certes un embryon de gouvernance mondiale, mais : 1) il n'a aucune légitimité 2) il "bouffe" l'ONU, qui elle représente tous les peuples (y compris les pauvres !) 3) il n'a pas de secrétaire permanent, pas d'administration, pas de comités... bref rien d'assimilable à un gouvernenent. -des principes exigeants concernant la rémunération des banquiers : en gros rien n'est fait, c'est en discussion... Sais pas. -liste des paradis fiscaux : les très méchants, et les méchants. Les très méchants, il y en a quatre. Pour faire simple, pour être considéré comme "gentil", il faut avoir signé des conventions d'échange d'informations bancaires avec les services de police (oui, je simplifie et je vous emmerde mon petit vieux) de douze autre pays. Les quatre pays susdits n'ont fait aucun effort en ce sens, et vont ainsi attirer les capitaux. Il paraît que s'ils continuent ils seront "sanctionnés". Ouh, ça fait peur, surtout que les investisseurs vont y accourir, dans ces "derniers" paradis fiscaux... Les méchants, il y en a une trentaine, c'est les pays qui "font des efforts". Mais signer des putains de conventions, c'est utile uniquement une fois que le mal est fait (enquête). C'est peu rédhibitoire, et de toutes façons, il y aura toujours des endroits où la fiscalité sera plus basse que des couilles de caribou moine, et qu'il y aura toujours des systèmes de sociétés-écrans pour cacher les maisons-mères. -de beaux principes de principe. Oui alors oui, mais pas que. Il y a notamment au programme : - l'augmentation des fonds propres des banques. Genre, tu pourras plus prêter des milliards avec seulement quelques kopecks dans ta caisse. La mesure est insuffisante, mais c'est un bon premier pas. - la réforme des normes de comptabilité. Avant, quand une entreprise faisait son bilan, elle prenait en compte ses actions qu'ont monté, ses actions qu'ont baissé, et elle disait "voilà, on a gagné/losé tant d'argent ce trimestre". À partir de ce résultat, les agences de notation disaient "hum hum, on va noter votre entreprise/état AAA ou CCC, parce qu'elle est géniale/que c'est le Titanic." Maintenant, il est possible de mettre certains produits financiers complexes (suivez mon regard...) "hors bilan". Oui, vous avez compris ! On ne les compte pas dans la valeur de l'entreprise. Comme ça, on ne s'emmerde pas si on a des baisses d'actions (ou "dépréciations d'actifs"), la note de l'entreprise ne baisse pas, et bim les gens continuent à acheter votre entreprise alors qu'elle est en train de couler. No comment. Eh ben les gens viennent de comprendre qu'il fallait arrêter les frais, et que cette réglementation complètement sortie d'un Lewis Carroll n'était pas soutenable (ils ont un Bac + combien pour trouver ça ?). Bref, là encore, y'a un peu de progrès. - Par contre, comme beau principe magique : "les agences de notation seront soumises à un code de bonne conduite" AHAHAHAHA j'invente rien (argent.canoe.com), code de bonne conduite mon cul, l'objectif c'est de bien noter les entreprises qui te paient bien, pas de noter la vraie santé des entreprises... ça va pas non... En plus, pour une agence de notation, noter correctement ça signifie changer ses évaluations de temps en temps. C'est mauvais pour l'image, ça donne l'impression qu'on sait mal évaluer. Je m'esclaffe. - Etc, etc, j'en oublie hélas... - Et surtout, rien de concret pour les populations actuellement en souffrance. --> si je réfléchis (j'essaie depuis qq années), il y a des tunes, on en met où on veut, et concernant la fameuse régulation financière de l'économie, j'attends toujours... personnellement, je ne vois pas, dans ces mesures, où se trouve la régulation. Quant à faire la liste des paradis fiscaux, merci, certains géographes l'ont faite depuis environ 20 ans, donc c'est du vent tout ça. rien n'a été fait. et "lever le secret bancaire", il faudrait qu'on m'explique ce que ça signifie. +1. Voir ci-dessus. Note toutefois que l'acceptation d'une liste commune des paradis fiscaux relève de l'exploit... à part que Hong Kong et Macao n'y figureront pas, alors qu'ils devraient. Etonnant, non ? m'enfin. --> à mon avis, la croissance repartira, dans un mois, un an, 10 ans, peu importe. heureusement, et c'est un point que tu ne soulèves pas assez je trouve (mais ce n'est pas un reproche, c'est un constat plus émotif), les populations n'ont pas un bonheur cyclique, et ne sont pas heureuses que lorsque l'économie va mieux, Euuh oui. Heureusement, en effet, mais dans les pays développés, ça augmente la précarité et la pression sur les employés (y'en a douze qui veulent bosser à ta place), et je suis persuadé que c'est destructeur. Mais surtout, dans les pays pauvres, l'absence/la faiblesse de la croissance plongera des millions de personnes dans la misère, et en fera crever des centaines de milliers. Une fois qu'on est mort, tu me diras, on prend les crises avec plus de recul. Tout ça pour dire qu'une économie bien portante est pour moi la condition sine qua non de l'expansion du bonheur. Attention, pour moi une économie bien portante n'est pas finance tournant à plein tubes, croissance à base de pétrole et consumérisme à outrance ; mais plutôt progrès social, réduction de la misère, invention d'un projet de société (qu'il faut bien financer...). Un petit chiffre à citer : 50 % de gens heureux en France, 66% au Bangladesh (pays très pauvre et cumulant les calamités). No comment. car lorsqu'on dit que l'économie va mieux, c'est qu'en gros les salaires augmentent d'environ 5-10%, et que les salaires des entrepreneurs / la production mondiale augmentent au quintuple... donc peu importe la croissance à la limite. Ah ah. Non, c'est juste indispensable pour les pauvres que je viens de citer. Pour financer les États. Pour que l'inflation ne lamine pas le pouvoir d'achat. Et c'est ce qui m'emmerde : dans l'état actuel des choses, on ne sait pas (les états ne savent pas) se passer de la croissance - alors que je suis persuadé que c'est la voie à suivre : décroissance, on arrête de vivre au-dessus des moyens de notre planète. Admettons toutefois que "peu importe la croissance, on arrivera à avancer quand même dans notre projet de société". Bon. D'accord. --> plus grave : pour avoir fait un peu d'histoire, je sais que les inégalités étaient auparavant acceptées : elles ne le sont plus officiellement, donc on affirme que tout va bien, que tout le monde est content, qu'Obama va sauver le monde... nous ne sommes pas dans des sociétés démocratiques, encore moins tendant à l'égalité : nous sommes dans des ensembles plus ou moins flous, d'Etats qui n'existent que parce qu'ils punissent leur population si elles sifflent la Marseillaise (parce que bon, y faut une cohésion sociale que diantre), dans des ensembles je disais, de groupements géopolo-golfo-copino-financiéro- politiques, qui au nom de la démocratie et de l'égalité, prennent des décisions économiques, auxquelles personne, ni même les dirigeants, ne maîtrisent les tenants et les aboutissants. c'est le monde aujourd'hui : mondialisation financière, que l'on veut aussi généraliser à l'économie, qui n'est pas si culturelle qu'on l'affiche, encore moins cosmopolite : le monde tel que je le ressens est un monde qui est jeune, qui vient de prendre conscience de son immensité et de sa cohésion sur le plan de la distance: on peut le parcourir aisément, rencontrer n'importe qui en quelques heures de vol, croire discuter et découvrir d'autres civilisations en un simple clic... nous avons encore un langage d'hier pour décrire ce qui nous tombe sur la gueule : l'économie n'en est que la façade la plus criante. les hommes peuvent-ils, avec un entendement humain, être conscients et capables de prendre les bonnes décisions pour l'ensemble de leur con-citoyens ? Je ne peux qu'acquiescer et adhérer tout à fait. J'aime beaucoup ton analyse de "l'Homme-dieu paumé dans le monde, sa Création à lui, qui le dépasse et l'écrase." C'est ce que j'aurais voulu dire si j'avais un cerveau =) sais pas. toujours est-il qu'économiquement, je ne vois pas de solution. peut-être est-ce le lot de notre époque, ou de chaque époque : ne jamais savoir où on en est, où on va. mais peut-être plus aujourd'hui : les présidents ne sont plus considérés comme sacrés par les rois, les hommes pensent sécurité, profit, environnement, alors qu'ils ne connaissent pas leur voisin de palier... on en est là aujourd'hui. le monde a gagné en contradictions, en complexité. Est-ce pour autant critiquable ? que faut-il pointer du doigt ? qu'est-ce qui est dénonçable ? les inégalités ? l'hypocrisie des Obama et Sarko ? Ô la vidéo de Sarko se la jouant "j'ai sauvé le monde", c'est navrant de suffisance et de naïveté. la présence de leur femme au G 20 ? j'avoue que je ne sais pas. je ne me prétends pas intellectuel, et pourtant en te lisant, j'ai du mal à savoir si toi, qui je le crois, en est un, sait bien sur quel sujet il faut taper... Moi, un intellectuel ? Merde, le niveau est si bas que ça dans notre beau pays ? En même temps, y'a qu'à comparer les tirages de "Paris Match" et ceux du Monde Diplomatique... pardon pour les disgressions et le manque de clarté... il est tard, je suis en vacances, et à l'affût de la moindre de tes réponses ou le moindre billet blogué... Es-tu misanthrope ? j'ai du mal à ne pas le constater lorsque je te lis... Nan. C'est juste que j'écris quand je suis dans un état de tension fort, et que ces derniers temps ne sont pas au beau fixe. Outre cela, si tu lis bien, ma haine se dirige contre un des défauts de l'humanité (duquel résulte l'existence et le comportement de la fraction d'humains que je critique, bien au chaud dans mes pantoufles) et non contre l'ensemble de mes glandus de semblables dans son ensemble. L'humanité me fait plus de la peine qu'elle ne m'inspire de haine, et surtout, elle me fascine. pour finir, une petite touche humoristique qui prend 20 minutes de ton temps, mais qui n'est pas si conne que ça je trouve : ça met le doigt sur certaines idées intéressantes : http://www.south-park.me/margaritaville-episode-1303/#more-668 "It's kickass !" Voilà, ça se termine. Surtout, n'oubliez pas que la Bretagne possède des ressources que l'on ne soupçonne même pas ! Güs 4/1/2009 Pétage de plombs V - Bulle de rien Encore un pétage de plombs nocturne. Encore écrit d'une traite, donc bancal et pas assez inspiré. Ça part dans tous les sens, ça pose des trucs incompréhensibles sans rien détailler. Si vous avez des questions (ah ah, et puis de la coke aussi), posez-les, je développerai. "Vous" ? Voilà que je vouvoie mon unique lecteur... Assez parlé. Bulle de rien. Comment on fait déjà pour penser ? Comment se souvient-on de ce qu'est un homme ? Quand le dernier veilleur s'endort, quand les derniers poings rageurs levés sont emportés par la tourmente. Quand lutter toute sa vie contre le cours des choses revient à reconnaître qu'on est impuissant. Quand il n'est plus possible de prendre du temps pour soi et pour les autres, quand on est broyé par les structures indispensables à notre survie, quand on a oublié ce qui fait de nous l'éminence la plus torturée, fragile, glorieuse, fondamentalement incomplète de la matière. Torturée, car nos contradictions nous font perdre toute notre vie dans l'inextricablilité de nos problèmes sociaux, quotidien après quotidien. Comment vit-on en société quand l'élan vital de l'homme, celui qui justement a permis son accession au statut d'Humain depuis l'animal, est le désir du confort personnel et de l'accumulation insatiable ? Comment crée-t-on un monde respectueux de toutes les cultures, alors que nous sommes incapables de comprendre ce qu'est l'Autre ? Comment construire malgré l'incommunicabilité des pensées, malgré la carence terrible des mots - terrible par ses conséquences ? Fragile, parce que nous sommes une bulle de rien, qui hier encore n'existait pas - et demain ? -, qui occupe quelques mètres de hauteur à la surface d'une gigantesque planète, écrasée par un ciel si vaste... Ciel qui ne fait même pas l'humilité de notre race. S'élever jusqu'aux étoiles, conquérir l'Univers, explorer la pensée jusqu'à trouver ce qu'il y a après, oui ! Quoi, sinon ? Mais pas avec notre arrogance, l'infinie suffisance de l'homme qui se croit au-dessus de la matière, avant que le sourire carnassier de la Mort ne vienne lui rappeler qu'au moindre incident, l'existence qu'il mène avec tant de morgue est balayée par des forces qui le dépassent. Forces aveugles, si tyranniques que nous prions encore, car accepter qu'il n'y a rien est trop difficile. Accepter que la mort soit une dissolution définitive dans le néant, que personne ne nous a créés, que nous n'avons aucun but. Nous sommes nés, c'est ainsi, on s'habitue ou on en crève. Notre pire cauchemar, ce qui nous bouffe, c'est que nous sommes là. Glorieuse, parce que malgré le rire cynique de la Mort, reste notre plus grande force : nous sommes là. C'est impossible ! Sans aller jusqu'à "je pense donc je suis", qui présuppose finalement pas mal de choses (comme le disait l'ami Friedrich), il existe quelque chose. Le fait qu'il y ait quelque chose depuis toute éternité (une métrique faite de dimensions réelles, spatiales et temporelles, complexes et à oscillations périodiques... par exemple) n'est pas plus imaginable ou compréhensible que l'apparition spontanée d'une métrique d'espace-temps contenant de l'énergie, à partir d'un néant sans espace (donc où il ne peut rien apparaître) et sans temps (donc qui ne peut évoluer). L'existence de quelque chose apparaît si fabuleusement inconcevable, si incroyable même alors que son évidence nous submerge ! L'ajustement des constantes de l'Univers permettant à la matière de prendre des formes complexes est extrêmement fin. La probabilité d'émergence de la vie est pour ainsi dire nulle. Une fois qu'elle eut apparu, il était évident que la sélection naturelle allait finir, tôt ou tard, par favoriser des entités capables de prendre en compte leur environnement et de tirer parti de ces capacités ; et partant, la vie pouvait facilement - mais pas nécessairement - aboutir à l'intelligence. Et à la conscience, qui permet de se structurer en société infiniment plus résistante à la sélection naturelle que l'individu. Mais l'enchaînement d'événements impossibles ou inconcevables (dont, s'ils n'avaient pas eu lieu, nous ne serions pas là pour parler) qui a permis notre apparition nous prive de lucidité face à notre existence. La gloire de l'humanité réside en sa capacité à s'accrocher à la vie, mais pas par instinct de conservation, contrairement à l'immense majorité de nos semblables : plutôt par une sorte de détermination rageuse à rester debout et à avancer, quitte à devoir inventer ce que signifie avancer. Fondamentalement incomplète, parce que nous ne savons pas nous contenter d'être tels que nous sommes. Et nous ne le pouvons pas. Tous les systèmes sociaux ayant existé à ce jour écrasent l'homme, que ce soit sous une botte militaire, la soif de pouvoir (volonté de puissance ?), un joug idéologique prétexte à un Homme Nouveau réalisable par marche forcée, ou une avalanche de consommables rendus indispensables par le tarissement lui aussi forcé de toute autre source d'intérêt. Crever de faim, d'envie, la bouche ensanglantée par les coups de tatane, ou être posé à deux mois devant la télé pour bébés, il y a des choix plus enivrants... Tous ces systèmes rendent compte de notre échec monumental, celui de dépasser un instant notre nature, celle de milliards d'éclats d'êtres, d'individus, de cerveaux isolés. Espace-temps, matière, vie, organisme, pensée, conscience... Et avant ? Et surtout, après ? Nous n'avons d'autre choix que de devenir nos propres dieux : faute de raison à notre présence, de sens "spontané" à la vie, de chemin à suivre, nous devrons prendre un jour les commandes du vaisseau aveugle dans lequel nous sommes. Contre l'absence d'explication, nous existerons. Nous dépasserons l'incommunicabilité, ou nous noierons dans le verre d'eau philosophique où nous barbotons. Si immenses que nous sommes appelés à devenir, si un jour ce devenir se muait en réalité, nous ne devrons jamais oublier notre incommensurable insignifiance, et le constat précédent : nous sommes nés, c'est ainsi, on s'y habitue ou on en crève. 3/9/2009 Pétage de plombs IV Voilà, je n'arrivais pas à dormir, ni à travailler. Et même si je sais que tout le monde s'en fout... de toutes façons, je n'oblige personne à lire. Désolé... Trois heures quarante-cinq du mat'. Envie d'écrire quelque chose. Quelque chose doit sortir, impossible à exprimer, des idées qui naissent, se découvrent, s'entrechoquent, se tirent la bourre, se décantent, et crèvent pour l'essentiel. Il y a de tout : des scénarios pour réalisateur de science-fiction, des idées sur les prospectives économiques mondiales, des réflexions sur les limites de l'humain et son statut bâtard, seulement capable de comprendre qu'il est juste assez limité pour ne rien pouvoir comprendre d'autre, des larmes de rage contre l'absurdité ironique de la vie, des doutes, des joies, des considérations sur la possibilité de construire un autre monde sans pouvoir changer l'homme, des interrogations sur ce qu'est l'amitié, des suppositions sur le prochain match de l'AS Saint-Etienne, des incertitudes sur le futur. Alors prenons la formule qui réussit le mieux ici : des blocs entassés, sans lien direct les uns aux autres. Quelque chose m'emmerde profondément dans l'actualité. Une saloperie de caillou dans ma grolle, moi qui voudrais marcher vers la compréhension ne serait-ce que basique du monde. J'ai lu des dizaines et des dizaines d'articles sur "la crise", je me suis tapé des heures de lecture, à compulser des pages poussiéreuses de Wikipédia, à décortiquer le Monde, les Echos, le Diplo. Je me suis fendu d'aller à des confs, je gave mes proches avec ça jour et nuit, je suis avidement les tendances boursières américaines, japonaises, européennes, chinoises, des BRIC, l'évolution de nombreux secteurs économiques mais aussi sociaux. Je bouffe toute information qui se rapprocherait de près ou de loin à l'évolution socio-économique actuelle, à son histoire et à ses perspectives. Il appert de ces observations humbles (et vous allez comprendre juste après pourquoi je dis "humble" en employant une tournure aussi pompeuse) un unique résultat : personne au monde n'est foutu de comprendre ce qui se passe, de prévoir à l'avance la moindre tendance, et encore moins de nous sortir de ce merdier. Alors vous allez me dire j'exagère. Reprenons simplement le premier point, les deux autres me paraissant évidents lorsqu'on y réfléchit vraiment : - personne au monde n'est foutu de comprendre ce qui se passe : évidemment qu'il y a des experts, parmi la multitude d'imbéciles bramant leur Milton Friedman et ânonnant "il faut que l'état nous donne de l'argent pour qu'on puisse refaire le libéralisme, qui est le meilleur système quand même", qui ont une vision globale des processus à l'oeuvre. Même si je n'ai jamais entendu qui que ce soit aborder (même synthétiquement) tous les aspects de la crise, leurs tenants et leurs aboutissants, je suppose - avec optimisme - que certaines personnes voient tout ce qui se passe "à la fois", connaissent tous les principaux problèmes qui se posent et leur origine. Premier MAIS : ces gens - s'ils existent - ne sont pas pédagogues. Ils sont infichus de l'expliquer aux chefs de gouvernement. Il suffit de voir le nombre de décisions absurdes qui ont été prises ces derniers temps par les dirigeants de tous pays pour s'en convaincre (allongement de crédits faramineux sans contrepartie en France, plan de relance de moins de 0,1% en Italie, soutien à tout prix de l'industrie automobile aux USA malgré un effondrement de moitié de la production, sans parler du Japon où la banque centrale est déjà coincée par des taux directeurs quasiment nuls, vous en voulez encore ?). Tout le monde se demande fébrilement ce qu'il faut faire, et chie sous soi car chaque jour perdu se paiera cher. Ce qui m'amène au deuxième point. Deuxième MAIS : les rares personnes qui ne voient pas la crise par leur petit bout de lorgnette. Chacun envisage la même chose sous un angle minuscule "c'est une crise des liquidités", "c'est une crise de confiance", "c'est un problème de manque de contrôle des marchés" MAIS C'EST TOI QUI LES AS DÉRÉGULÉS SOUS REAGAN CONNARD, "c'est une crise de la consommation", et surtout les solutions, qui font rire par leur côté "patchwork" : "il faut prêter aux banques", "non aux entreprises directement", "relancer la consommation", "reprendre les crédits des ménages", "reprendre par l'état les créances pourries (AHAHAAA évidemment ! Pas con du tout ! Et tant qu'à faire, inventer la taxe sur la pauvreté ? Pute?)", "sucer les banquiers", "responsabiliser la finance" (arrêter, je vais crever là), "redonner la confiance aux marchés" (sans déconner ?), "sauver les banques d'investissement obèses qui se sont gavées de profits..." En fait, chacun voit la situation sous forme d'une SOMME D'ÉPIPHÉNOMÈNES. Je veux dire par là que peu de gens (je veux dire, dans les hautes sphères...) poussent la logique jusqu'au bout, et descendent jusqu'aux causes profondes de cette crise. Certains, isolés, parviennent à souligner la récurrence des crises financières et leur accumulation depuis la dérégulation massive de la finance. Celle-ci, entamée dans les années 80, a culminé avec l'abrogation du "Glass Steagall act" aux USA en 1999, qui séparait depuis 1933 (...) les banques impliquées dans l'économie réelle et les banques appartenant au monde de la finance. Depuis, les crises boursières systémiques s'enchaînent, plongeant des centaines de millions de personnes dans la précarité à chaque fois, grevant les finances publiques, dans une impunité complète. Tout ceci étant justifié par quelques malheureux points d'une croissance molle, dépassant à grand-peine l'inflation : ce qui s'appelle une croissance quasiment nulle. Détaillons un poil, voulez-vous ? Depuis un quart de siècle, trois inversions majeures se sont produites dans l'économie américaines, vouées à une indifférence triomphale des gouvernements. Vous comprendrez aisément pourquoi : - Entre 1995 et 2005, le revenu réel (i.e., inflation déduite) des 20% de ménages américains les plus pauvres A DIMINUÉ. Et ça continue aujourd'hui. (source : l'observatoire européen des politiques économiques en europe). Pendant ce temps, la croissance profite d'autant plus aux ménages qu'ils sont riches. Des années et des années de croissance, et la politique inhumaine qui ont permis leur avènement, ne permettront même pas à ces ménages défavorisés d'espérer une amélioration de leur situation. Il est temps de comprendre que nous ne vivrons pas avec le même confort matériel que nos parents (en se basant sur des critères purement consuméristes). - Depuis quelques années, aux USA toujours, les entreprises ne sont plus fournies en capital par les investisseurs, c'est l'inverse. Oui, vous avez bien lu : ceux qui sont censés injecter de la tune dans l'économie pour qu'elle tourne demandent des rendements tellement exorbitants qu'ils finissent par vampiriser les entreprises... - Depuis trente ans, dans tous les pays développés, la part des salaires dans l'économie s'est effondrée au profit de la part du capital. (voir cette petite bédé qui résume tellement bien : ici). Ceci, évidemment, sans aucune contrepartie. Au contraire : précarisation, mise en concurrence internationale effrénée, graves problèmes concernant l'assurance et les retraites des salariés... Il est donc extrêmement aisé de voir l'intérêt qu'ont les classes dirigeantes (de toute sensibilité politique, l'or qui brille aveugle de manière universelle) à conserver le statu quo. Pas difficile : vous vous gavez de croissance pendant que les plus pauvres en chient, et vous vous servez de l'économie réelle comme vache à lait. Vos actions en bourse se regonflent baudrucheusement après chaque crise, pour peu que vous choisissiez des actions pas trop risquées, et ce, grâce à la paupérisation des couches déjà pas grave à la fête. Il se pourrait bien que tout ceci soit amené à changer. Dans un sens ou dans l'autre. Pour plusieurs raisons : - épuisement des ressources naturelles (no comment, il suffit de regarder les cours des matières premières), - dégradation croissante de l'environnement, - explosion du coût des dépenses de santé (reportées sur le secteur privé, qui a tout intérêt à ne choisir comme clients... que les bien-portants), dégradation extrêmement rapide des systèmes de soin et course à la rentabilité destructrice, - désintégration des systèmes de retraites par capitalisation (boursicotage avec le blé planqué pour ses vieux jours, qui a conduit les chiliens, les argentins et déjà des centaines de milliers d'américains, de britanniques... à la ruine), - aboutissement aux limites extrêmes de la concurrence entre salariés (si tu bosses pas à fond pour de la merde, des dizaines de chinois rêvent de le faire pour bien moins cher que toi), - endettement incroyable des ménages : on finance la croissance à crédit. Par exemple, la crise a démarré aux USA avec l'impossibilité pour de nombreux ménages de rembourser leurs crédits devenus trop lourds. L'évolution de leur taux d'endettement est vertigineuse : de 6000 milliards de dollars en 1998 à 14000 milliards en 2007 (Source : journaldunet.com). Le plan de relance de Super-Barack (qui, s'il est noir, n'en reste pas moins pour la peine de mort, et pas pour les traders, désolé, on est gauchiste ou on l'est pas) a dans ses objectifs le fait de relancer... l'octroi de crédits aux ménages. "Bah oui mais qu'est-ce que tu ferais d'autre ?" Bonne question. Déjà - si j'étais pour la relance du système - je prêterais aux entreprises massivement, en les obligeant à augmenter les salaires, seule manière possible de relancer la consommation. Sinon, quand on prête aux banques, elles bouffent les lignes de crédits en augmentant leurs fonds propres, et les entreprises/les ménages ne voient pas un kopeck. Je n'irai pas plus loin, moi je dis ça je dis rien, n'est-ce pas ô notre cher Président qui file de la tune aux banques sans avoir le moindre droit de regard sur ce qu'elles en font... Deux issues. Deux modèles extrêmes. - l'une, pessimiste : un monde où les plus pauvres continuent d'en chier, les plus riches d'amasser, où les crises boursières de plus en plus violentes menaceront à chaque fois de faire s'écrouler l'économie mondiale. Les classes moyennes et pauvres amortiront les chocs, et seront tellement abruties de ce fait qu'elles en oublieront jusqu'à l'idée d'ouvrir leur gueule. Le contrôle des ressources naturelles fera l'objet de luttes impitoyables, remportées par les plus puissants. Le droit du travail continuera à être démoli méthodiquement de partout, jusqu'à ce que les salaires soient définitivement nivelés par le bas au niveau international. Les rois de la finance ne craindront rien : plus ils prennent de risques, plus ils gagnent, sans avoir à en assumer les conséquences puisque les états ne peuvent pas se permettre de les laisser tomber (à exception près). L'assurance maladie (un septième du budget national américain en 2002, pour un sixième de la population totalement à poil, i.e. sans couverture aucune) sera entièrement le fait de groupes privés, qui ne couvriront efficacement les plus riches. La santé ne sera plus un "consommable" seulement aux USA, mais ce phénomène s'étendra. Je ne sais pas combien de temps ceci serait viable, mais ça pourrait durer bien trop longtemps. Non, en fait, ça fait trop longtemps que ça dure déjà. - l'autre issue, plus optimiste, où la finance serait réellement régulés par des types qui n'auraient pas de conflits d'intérêts avec cette régulation... où la solidarité internationale jouerait pour les salaires (et les retraites, et l'assurance-maladie), où les richesses seraient redistribuées par ces salaires, où on réfléchirait avant de se lancer dans la recherche aveugle de la rentabilité. Dans cette société, on peut rêver, l'Homo economicus connardus s'effacerait devant l'Homo sapiens sapiens. Et on finirait aussi par comprendre que les arbres ne poussant pas jusqu'au ciel, la croissance économique infinie est une absurdité. Le choix est simple. L'effondrement de la première société, que ce soit par implosion ou explosion, est inéluctable dans les trente années à venir, ne serait-ce que par deux ou trois des facteurs cités. La deuxième ne sera réalisée qu'au prix d'une longue (et sans doute douloureuse prise de conscience). Alors, pour qu'ici non plus on ne s'intéresse pas qu'aux épiphénomènes, creusons encore. Pourquoi allons-nous dans cette direction qui semble bien finir dans un beau mur en parpaings portugais ? Plusieurs réponses, certaines fausses, d'autres vraies, d'autres que j'oublie. Je ne sais pas encore. - le fait qu'il est quasiment impossible de motiver des humains à être altruistes, ou plus prosaïquement, il est très difficile d'avoir une société dynamique sans tomber dans la compétition acharnée et destructrice. L'équilibre est terriblement instable entre compétition nécessaire et solidarité indispensable. - La situation socio-économique mondiale est tellement complexe que personne ne la comprend. - L'absence de coordination internationale. Chacun veut sauver sa peau. De plus, aucune instance réellement internationale n'est capable d'influencer son évolution. La banque mondiale et le FMI sont hors-jeu depuis que les pays émergents leur ont remboursé le gros de leur dette, et tout le monde se fout de leur gueule avec leurs programmes d'"ajustement structurels" qui tenaient de la piste à Rantanplan. L'ONU est ignoré, le G8 se reconnaît lui-même incompétent et le G20, outre qu'il manque 175 nations, incapable de faire plus que de pondre des déclarations de principe inefficaces. - Geneviève de Fontenay n'en a plus pour très longtemps. - Les gouvernements continuent d'oublier lentement ce qu'ils perdent de vue depuis des siècles : ils sont là pour créer de bonnes conditions à la recherche de l'épanouissement des populations. Alors que pour l'instant, ils ne font que chercher à rafistoler un système, et ne se concentrent que sur le développement économique. On est loin du "Bonheur national brut" prôné par les Bhoutanais...(Sur KiKipédia) - les rares personnes capables de voir ces problèmes sont taxés de fous, d'utopistes ou de révisionnistes (par exemple l'excellent député Vert Yves Cochet, qui prône la décroissance, et qui est beau, par exemple sur La Décroissance). Le mouvement altermondialiste est inaudible, écartelé entre les rêveurs, les néo-dictateurs (ce qui se passe en Amérique du Sud est particulièrement intéressant, peut-être le socialisme de demain s'y invente-t-il, ou bien la dictature... on verra), les fossiles trotskystes, staliniens, bouffeurs de chou et de patate en tout genre, nostalgiques recrocquevillés sur leur peluche d'ours rouge à faucille et marteau... - les syndicats sont prisonniers d'une logique vieille de cent ans : contestation trop fréquente, utilisation d'une rhétorique usée jusqu'à la corde ("convergence des luttes", private joke), la décrédibilisation face au public, la faiblesse récurrent qui en découle les rend peu efficaces. Il faudra une rénovation sans précédent pour qu'ils redeviennent un instrument de dialogue social constructif. - la gauche européenne est totalement K-O. Elle est soi-disant au pouvoir au Royaume-Uni et en Espagne, mais les travaillistes de ces pays ne sont que des libéraux un peu assagis... Il suffit de voir comment leur pays se fait défoncer par la crise, conséquemment à leur politique passée. La gauche italienne est incompétente, la gauche française est éclatée et aux mains de politiciens plus bêtes que leurs pieds, la gauche allemande est prisonnière d'une alliance électorale intenable... etc, etc. Et toutes les gauches européennes sont prisonnières du carcan européen méchamment libéral qu'elles ont elles-mêmes contribué à construire dans les années 80 (Traité de Maastricht, fondations du système monétaire commun, absence de volet social dans les traités sauf pour défoncer la protection sociale...) - Il est quasi-impossible de choisir un autre mode de vie que celui que nous propose notre économie de consommation de masse (je ne vois pas ce que le mot "société" vient foutre avec "consommation de masse") sans perdre instananément une grosse part de crédibilité et de visibilité. - Et enfin c'est toujours difficile de réfléchir quand on vient de se prendre une grosse claque. Là, on viendrait plutôt de faire connaissance avec un mur à Mach 2... Je vais m'arrêter là, je me lève dans moins de deux heures... mais j'aurais pu dire bien plus, notamment sur les systèmes de santé et de retraites, sur la récurrence des crises, sur Geneviève de Fontenay, sur la décroissance en laquelle j'ai foi. J'aurais voulu citer des dizaines de sources, que j'ai eu la flemme de rechercher pour certaines. J'aurais voulu justifier chacune de mes phrases. J'aurais voulu descendre bien plus bas dans l'exploration des caractéristiques humaines dont découlent les événements en cours. Il aurait fallu que j'écrive un bouquin. Mais enfin, tout cet immense bordel que je viens d'écrire d'une seule traite, sans relecture, sans avoir la moindre idée d'où je vais, ça résume un peu des concepts essentiels à comprendre le monde. Parce que quand on s'en fout de l'actualité, quand on refuse de s'intéresser même à ce qui nous concerne directement, on se retrouve un jour avec un Concorde dans le cul, et un encart de trois lignes dans le Journal Officiel stipulant que la loi d'Insertion Obligatoire de Concorde dans le Rectum est passée dans l'indifférence générale, parce que tout le monde s'en fout. Je tiens pour preuve certaines personnes qui n'ouvrent même pas leur bouche pour dénoncer la certaines réformes en cours, alors que si ces réformes (leur) passent (sur le corps) ils en chieront comme polonais en presse-fruit soviétique... Voilà pourquoi j'ai peur que ce soit mon hypothèse pessimiste qui soit la plus proche de la réalité à venir. Voilà pourquoi je n'arrêterai pas d'être lourd avec ces concepts, voilà pourquoi je passe des heures à essayer de comprendre le monde. Parce qu'il n'y a pas d'autre issue, si on ne veut pas voir nos petits-enfants crever sous le poids d'une non-société totalement déshumanisée, pendant qu'on nous emmènera faire notre injection létale après notre unique année de retraite, que nous aurons obtenue à 70 ans. Ouvrez vos yeux. Puis, ouvrez vos oreilles. Enfin, ouvrez votre GUEULE ! Cinq heures et demie. ------- Autres sources principales d'information : Le Monde Les Echos Boursorama Le Monde Diplomatique Courrier International 1/19/2009 /Texte supprimé/ Texte écrit d'un seul jet, puis finalement retravaillé. Pas jusque dans les dernières finitions, mais je l'ai pas mal laissé mariner. En tout cas, y'a beaucoup d'efforts de faits rapporté au nombre de lecteurs potentiels, qui se rapprocherait plus du nombre de lyonnais intelligents que du compte total des sarkozystes en France et Navarre. Remerciements particuliers à Grégoire, qui a critiqué le premier jet et m'a suggéré notamment de renforcer la trame de fond sociale. J'aurais dû pousser bien plus loin, mais ça aurait été totalement indigeste. Avertissement : c'est pas spécialement joyeux, mais pas gore, et c'est totalement assumé. Bonne lecture aux courageux (bien que l'emploi d'un pluriel ici soit un peu présomptueux). ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Texte supprimé. 11/14/2008 Pour ne rien dire, vraiment ? Pourquoi pas, finalement ? Que reste-t-il au langage quand il ne véhicule aucun sens ? Pourquoi parler pour ne rien dire, faire le moulin à paroles (gare aux Don Quichotte) ? J'ai commencé ce billet sans savoir de quoi ça allait parler, comme d'habitude. Et les mots viennent, au fur et à mesure de l'écriture. Cela veut dire qu'il y a quelque chose à exprimer, mais pas nécessairement par le signifiant des mots, immédiatement pigé par notre caboche (on entend "rentrchétoitamèrtafédégofr" que déjà l'on a compris qu'il en retourne de la cuisine maternelle). Il me suffirait de m'arrêter là pour être compris par certains mortels. Euh, peut-être, me diront les autres, mais qu'y a-t-il à comprendre ? C'est là que ça devient intéressant. Un besoin de parler pour ne rien dire peut survenir par empathie : nécessité d'aller vers l'autre pour qu'il s'exprime, précisément sans rien dire d'important, juste pour que la confiance s'installe et se transforme en confidence. Pour laisser l'espace à l'autre, pour ne pas imposer un sujet, ne pas tout ramener à soi. (Ce qui est très dur pour moi. Euh... et merde...) La plupart des gens ne comprennent pas ou ne veulent pas voir qu'on leur laisse l'occasion de s'exprimer. Exemple. DUGENOU - ça va ? DUCHMOL - Ouais... (silence) DUGENOU - si on allait faire des bites en pâte à modeler ? DUCHMOL - ... nan, c'est contraire à ma religion. DUGENOU - Pourquoi, t'es musulman ? Tu manges que du muesli'm ? (Jeu de mots pitoyable franco-anglais) DUCHMOL - ... DUGENOU - Ou on fait des gaufres ? (contagion du désespoir, plus de réplique, plus rien) DUCHMOL - ... DUGENOU - Bon ben salut... Le processus inverse peut aussi avoir lieu, évidemment. Parler pour ne rien dire, c'est parfois un appel au secours muet, une demande d'assistance qui ne s'avoue pas. Parler, éviter soigneusement d'aborder ce qui cloche ; le conscient fuit le sujet, l'inconscient le considère avec avidité. Attention. Je dirais même Achtung, à l'intention de notre potentiel lecteur teutonisant. Il n'est pas question ici de racontages de merde, lesquels peuvent être à fonction purement défoulatoire et curative (et parfois cure hâtive, malheureusement), limite en mode mini-catharsis. Exemple. ELODIE - Tu viens à ma pendaison de crémaillère ? GUS - Stu veux, tu fais la crémaillère, et moi la pendaison. Bon j'arrête avec mes blagues vaseuses sur le suicide. Je reprends. Stu veux, tu fais la crémaillère, et moi la pendaison. Bon, j'arrête avec mes blagues faciles sur Nicolas Sarkozy. Stu veux, tu fais la crémation, et moi la pendouillère. Bon j'arrête avec mes blagues vaseuses sur les juifs. ELODIE - roflol, t'es qu'un sale roXXor de la logorrhée inutile, OMFGWTFBBQ!!1!onehundredandeleven!! Pour conclure (oui, déjà, on est pas allé loin hein? Bah vous plaignez pas c'était gratuit), il faut un dernier exemple. Dans l'optique d'une compréhension approfondie du paradigme lié au contenu métalinguistique des échanges entre locuteurs, on s'est fort brièvement penché sur l'essence véhiculaire de la communication, qui précède l'existence d'un sens nous apparaissant paradoxalement comme immédiat, du fait de l'intellection intégrative quasi-indissociable de la perception des lemmes. Alors là, c'est la phrase où y'a rien. La première partie est creuse, la deuxième est une paraphrase de ce qui précède. Rien donc, à part une légère boutade contre Sartre et consorts. Mais, il y a quelque chose, bordel de pipe à frömage ! Bonsoir. PS : Aucune minorité ethnique n'a été insultée pendant la rédaction de ce billet. Pardon aux minorités religieuses, toü çâ. Gagnants/Perdants Ce 12 novembre de l'an de grâce deux mille huit, le groupe de troubadours électrifiés dénommé Noir Désir sema au quatre vents, sur la Toile, sa prime chansonnette depuis ce que l'on sait. C'est disponible ici
. C'est fou ce qu'on peut se la jouer avec trois mots de vocabulaire et un googlement sur le HTML. L'une de ces compositions - la première, m'a laissé particulièrement baba. C'est à dire que, l'écoutant au matin en filant vers Bagneulx, je fus pris d'une forte émotion... J'aurais aimé écrire ce texte. Il reflète parfaitement le monde de ce jour, c'est un instantané saisissant le réel et le lecteur. Houlà, je m'emballe là. Pas grave, c'est pour offrir. Et bim, ça enchaîne. Alors, oui, c'est un vulgaire copier-coller ; oui, vous le trouverez sur n'importe quel autre site. Mais je vous mets tout de même les paroles... en espérant que vous comprendrez. -- Gus -- Tous ces beaux jeux inventés Pour passer devant les premiers Pour que chacun soit écrasé S'il refuse encore de plier Les dégâts, les excès Ils vont vous les faire payer Les cendres qui resteront C'est pas eux qui les ramasseront Mais les esclaves et les cons Qui n'auront pas pas su dire non Nous on n'veut pas être des gagnants Mais on acceptera jamais d'être des perdants Pimprenelle et Nicolas Vous nous endormez comme ça Le marchand de sable est passé Nous on garde un oeil éveillé Ô la peur, ô le vide Ô la victoire des avides Faut pas bouger une oreille Toutes sortes de chiens nous surveillent Pas un geste, une esquisse Sinon on tourne la vis Nous on n'a rien à gagner Mais on ne peut plus perdre puisque c'est déjà fait Toi qui viens de loin d'ici Avec ta peau et tes os On t'a parlé du paradis On t'a menti, tout est faux Ô mon ami, ô mon frère, tout ce nerf Perdu pour la guerre Tu vas voir tout l'amour Qui traîne au fond du discours Dis, t'en veux des papiers ? Dis, tu l'as vu mon palais ? T'auras rien, c'est ainsi C'est pas fait pour les perdants, le paradis Il y a la chair à canon Il y a la chair à spéculation Il y a la chair à publicité Y a tout ce que vous aimez Vous et moi on le sait Le spectacle est terminé Pourtant c'était presque idéal C'était loin du féodal Oh maint'nant c'est foutu Ça fait joli dans ton... Fort intérieur, c'est gênant De rejoindre comme ça la cohorte des perdants Il faut pas se faire d'illusions Mais c'est mieux debout pour l'action Et pour nos âmes, c'est égal Dieu n'est pas dans la bataille Ô messieurs les décideurs De toutes parts, de tous côtés Sachez que profond dans nos coeurs On n'arrête pas le progrès Sous l'Iris, sous la peau Sous les ongles et dans l'étau On pourra toujours refuser De devenir les premiers ou les derniers Pas de leaders triomphants On s'ra jamais des gagnants, ni des perdants. 9/6/2008 Pétage de plombs III : bonus physico-inutilio-merdoyant Dans le genre inutile, voici le fleuron absolu. Là par contre, il faut admettre que c'est un peu de l'auto-sexualisme putatif... (ou branlette intellectuelle). C'est potentiellement amusant, pour les drogués psychopathes neurasthéniques en fin de droits et les physiciens. Vous êtes prévenus. À ma décharge, je dirai que mon élan créateur a été interrompu par une créature femelle (fort noble et haute en mon estime, par ailleurs), et ce, durant une bonne heure et demie. Par conséquent c'est encore un peu plus pourri que la dernière fois. ----- Vous vous souvenez de ce que je vous ai dit hier ? Pas tout, je m'en doute. Non, je parlais simplement d'une idée qu'aujourd'hui tout le monde connaît, puisqu'on en fait des films et des séries américaines : le concept d'univers parallèles. Rappel de la situation ... certains physiciens actuels, et parmi les plus cotés, ont émis la possibilité suivante : à chaque fois qu'une particule élémentaire passe d'un état indéterminé à un état déterminé, selon une loi en apparence probabiliste, il se crée autant d'univers parallèles que d'états finaux possibles, chaque univers étant le lieu de réalisation d'un état final différent. À savoir, si on lance Etienne Daho en l'air de manière totalement aléatoire (très difficile), il y a un univers où il retombe sur la tronche, un univers où il retombe sur le cul, qui sont tous deux créés par le lancer et la NÉCESSITÉ que ce lancer a de se résoudre en l'un des états possibles, et un seul. Ici, nous admettrons que ces univers existent réellement, parce que le postulat est intéressant si on le pousse jusqu'au bout. Il en résulte quelque chose de très amusant. Si l'on s'amuse à considérer notre seul Univers, depuis le Big Bang (ou un peu après, parce que ça nous arrange grave), il apparaît très rapidement des univers où certaines races émergent et en arrivent à se dire "bordel mais sommes nous le seul univers ?". Et comme TOUS les possibles sont réalisés dans chaque univers, dans certains d'entre eux (un nombre immense et pourtant risible devant le nombre total d'univers ainsi créés) il y a des races vraiment, vraiment très fortes, à savoir qu'elles finissent par comprendre la physique à un niveau incroyable, et percent les mystères de la physique quantique... et donc des mondes parallèles, si leur existence est bien réelle. Deux hypothèses s'ouvrent alors : soit les univers parallèles sont fondamentalement inaccessibles l'un à l'autre, auquel cas les envisager se résume à une facilité conceptuelle : cette éventualité, on s'en bat allègrement les oeufs en neige ici. Soit on peut passer d'un univers parallèle à l'autre. Auquel cas, il existe FORCÉMENT une civilisation qui sait déjà le faire, dans un univers extrêmement avancé. (argument complété plus loin, voir *) Soit cette civilisation, la première à émerger, prend le parti de dominer tous les univers, soit elle reste chez elle. Donc (en vertu du principe d'exploration de tous les possibles), il y en a une qui se lance dans la "conquête" de tout, et qui surpasse toutes les autres. J'entends ici par "conquête", l'exploration de chaque univers permettant d'entrer en contact avec d'autres civilisations aussi avancées. Soit c'est une conquête préventive (admettons que de telles intelligences sachent appliquer cela de manière objective et non-américaine) destinée à éviter une guerre inter-universelle, soit c'est une conquête dominatrice. Eh oui, on doit pouvoir être con cosmique aussi. En tout cas, il existe une intelligence supérieure dominant tous les univers, (empêchant l'émergence de concurrent belliqueux), omnipotente et indescriptible en termes humains. ... c'est pas ce qu'on appelle, révérence parler, un dieu ? Bon, j'admets, ça sert vraiment à rien ce genre d'hypothèse. Juste à montrer UNE CHOSE : les concepts, les vues de l'esprit, la logique et le formalisme humains confinent à l'absurde lorsqu'on les pousse à l'extrême, devant leurs propres incohérences. En relisant ce bidule, on s'aperçoit qu'il apparaît moult autres pistes conduisant à des conclusions complètement perchées, alors qu'on les construit à partir du seul postulat d'univers parallèle, et qu'on pourrait les démontrer de manière plus rigoureuse que l'informe tas de bouse ci-dessus. Bonsoir. (*) Ceci est un petit peu d'ergotage pointilleux qui aurait alourdi le texte déjà obèse s'il y avait été inséré. "Soit on peut passer d'un univers parallèle à l'autre. Auquel cas, il existe FORCÉMENT une civilisation qui sait déjà le faire, dans un univers extrêmement avancé." Ou pas, il est possible que ça prenne minimum vingt milliards d'années de faire émerger un tel bouzin, à coups de pile ou face quantiques. De toutes façons, on peut imaginer que si 13 milliards d'années et une infinité d'essais ne suffisent pas à faire apparaître cette technique de déplacement entre univers, le voyage temporel finira par être maîtrisé quelque part dans le futur. Toute entité un minimum pas conne comprendra, sitôt le voyage temporel découvert, qu'il est dans son intérêt immédiat de : - remonter le temps dès que possible, aussi loin que possible - découvrir "en prem's" la technologie pour se balader entre les univers - s'imposer partout pour éviter l'avènement inéluctable d'un connard plus avancé et moins pacifique. "si tu veux la paix, prépare la guerre. Et si tu veux la guerre, c'est pareil." |
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